Bloggu litterariu corsu

u 26 di Farraghju 2013 - scrittu dà - lettu 219 volte

L'Enfer

Ce jour, il prit sa décision. Comme il n'avait pas de famille proche et que ses copains se faisaient de plus en plus rares, il ne manquerait à pas grand monde. Il paya le taxi et marcha une vingtaine de minutes pour arriver au bord de la falaise.


Râle d'agonie (Monch)
Râle d'agonie (Monch)

Malgré ses béquilles et le chemin pierreux, il allait encore à une allure que lui auraient envié bien des valides. Mais c'était un sportif, un passionné de l'extrême, et se voir contraint de ne plus pouvoir que marcher lui était insupportable. Tout cela à cause d'un stupide accident de voiture.

Assis sur un rocher plat, à un pas du bord, il jeta un dernier coup d’œil au paysage. La falaise de craie surplombait d'une centaine de mètres une longue plage de sable blanc que la mer verte bordait d'une dentelle immaculée. Combien de fois l'avait-il admiré ce décor, quand il se lançait en parapente, au milieu des cris des mouettes curieuses et rieuses. L'odeur de l'iode piqua ses narines, mais elle n'avait plus le même parfum que lorsqu'il s'élançait avec ses copains.


Sa vie avait basculé sur une étroite route de montagne, un soir de juin, deux ans auparavant. Pour éviter un car qui venait en face, il avait versé en contrebas, 20 mètres plus bas. « Vous avez eu de la chance , lui avait dit le médecin du SAMU, sans ces arbustes, vous auriez pu vous tuer ». Tu parles d'une chance ! Une jambe paralysée à vie, l'obligation de marcher avec des béquilles, le renoncement à sa raison de vivre : les sports extrêmes.

Il ne pouvait même plus conduire et devait se rendre à son travail en taxi ou avec des collègues de bureau. Encore heureux qu'il ait pu garder son boulot. Cela lui permettait d'oublier pour un temps son handicap. Mais ce qu'il redoutait le plus, c'étaient les week-ends. Parfois ses copains sportifs l'emmenaient avec eux, sur la falaise. Quand il les voyait s'envoler, libres au milieu des mouettes, il ressentait son handicap comme une prison, d'où il ne sortirait jamais plus. C'est pour cela que ses escapades avec les amis se firent de plus en plus rares.

Il préférait rester chez lui, vissé dans son canapé, devant sa télé. Ou, quand il faisait beau, il allait se promener dans la parc proche ou arpentait les rues de sa petite ville. Comme un petit vieux ! Alors qu'il n'avait que 38 ans. Pour un sportif comme lui, c'était une mort lente qui devait durer des années encore. Il ne pouvait s'y résoudre.


Il se leva, déposa une enveloppe et ses papiers d'identité sur le rocher. Il s'approcha du bord, regarda les mouettes tournoyer en dessous. Puis il sauta et ce fut le trou noir.

Il entendit comme un bruit de vagues. Il reprenait conscience. Il se vit d'en haut sur un lit d'hôpital, plein de tubes, entouré de gens. Il les entendait parler, mais il ne pouvait les appeler. Il ne pouvait pas bouger non plus. Il reconnut l'un de ses amis, que le médecin appela dans le couloir. Mais il les « suivit » et put entendre leur conversation.


"Y a-t-il un espoir pour qu'il retrouve l'usage des membres ?"

"Malheureusement non ! La moelle épinière est trop abîmée. Il restera complètement paralysé toute sa vie..."

"Et cela peut durer combien de temps ?"

"Des années...."

Il eut envie de hurler, de se débattre, de leur dire de tout débrancher, de le laisser partir en paix. Mais aucun son ne sortait de sa bouche, aucun mouvement n’obéissait à son cerveau. Il serait prisonnier de ce lit, de ces tubes, de ses pensées pendant une éternité.

Il savait maintenant qu'il était mort, et qu'il était en enfer.

Carlu B.



              



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