Bloggu litterariu corsu

u 9 di Farraghju 2013 - scrittu dà - lettu 197 volte

Infernum in paradiso


Infernum in paradiso
 - Je voudrais m’écorcher, saigner, manger des racines et des insectes, boire de l’eau, sans aide, sans être servi, et dormir dans une rivière glacée.
 - Mais quelle prétention ! Vous êtes un novice, vous n’êtes là que depuis quatre cent ans ! Dans plusieurs millénaires on avisera. Pour l’instant, vous êtes corps et âme aux champs Elysium.
 - Pourquoi tant de supplices ? J’ai faim et voilà que m’apparaissent les mets les plus raffinés, j’ai soif et apparaissent des fontaines de nectar, j’ai envie de faire l’amour et voilà que des Naïades superbes et amoureuses prennent tout en main.
 - Mais vous croyez que le statut d’humain vous comblerait ? Vous avez été empreint de bonté, pendant votre séjour sur terre ! Les portes de l’enfer vous sont inaccessibles !
 - Mais laissez-moi avoir l’emprise sur quelques âmes humaines, ce sera l’occasion de faire mes preuves.
 - Vous dépendez de mon bon vouloir, mais pour l’heure, et peut être pour l’éternité vous êtes condamné aux affres du plaisir sans fin, sans désir ni conquête.
 - Mais mon esprit est plus pervers et tortueux que celui des démons ! J’ai tout compris ! Je méprise ces lieux.
Je pourrais faire manger un nourrisson sortant du ventre de sa mère par son propre père !
 - Je vous ferai voir, insolent, si m’en vient le désir, jusqu’où ira votre souffrance. Votre âme et votre corps ne seront que douleur extrême !
Ce dieu de l’entre deux (Enfer et Paradis), s’évanouit dans un bruit d’étoffe au parfum de jasmin.
L’île n’est que ravissement pour les sens, toutes les couleurs sont représentées déclinant leurs variantes dans un cycle infini.
Que voulez-vous espérer alors que le plus petit des insectes y volant est un bijou flamboyant ?
Ah oui, se remémorer les tranchées dans la boue glaciale, mais nulles effluves de sang, de tripes et de merde ne peuvent virevolter ici, en tourbillons de mort, délicieuse essence de l’entre-vie. Les nuages roses et bleus dessinent tous les saints, ou tous les grands héros.
Si seulement je pouvais frapper ce lieu d’une malédiction éternelle, en déchirer les cieux, faisant couler dans les rivières le flot de sang visqueux et sombre des grands hommes.
Je veux pouvoir défoncer un crâne avec une massue quand j’ai besoin d’amour, la prendre, puis jeter le corps du haut d’une falaise sur des roches aux arêtes tranchantes.
Et si la faim me vient, pouvoir m’en nourrir, en bas, sur les rochers, voilà l’amour tel qu’il doit être. L’autre amour, l’invention humaine la plus pathétique, est un miel dédié aux pataugeurs absurdes. Regardez-les, mes semblables, une orgie perpétuelle de plaisir et de douceur, dans ce maudit Elysium.
Et ça les enivre ! Je ne leur ferai jamais le plaisir de les souiller, et que leur jouissance ne cesse d’augmenter, je les méprise tant.
Que l’on me crucifie aux quatre vents, que l’on me lacère avec des hameçons, et que l’on jette du vinaigre et du sel sur mes plaies purulentes.
Je le proclame, à qui me rendra cette grâce, ma dévotion sera sans faille. Je serai le cancer qui vous rongera, la brisure de vos os, la main qui tuera vos proches, nourrissant les paroxysmes en aiguisant vos nerfs, comme on joue du violon, pour que vous hurliez de vie, avant de basculer dans les gouffres sombres, loin de cette île bénie des dieux de l’Elysium, de l’entre deux.
Dix mille ans plus tard j’insultais les dieux et refusais tous les plaisirs, un rebelle dans le lagon des féeries.
Je fus isolé du tout, dans des limbes assourdissantes de silence, on ne peut être rompu à n’être qu’un cri qui ne sort pas.
N’étant plus qu’un flocon dans un désert de glace, je regrettais de n’être rien dans rien, puisque j’en étais conscient.
Les millénaires furent autant de plomb en fusion dans mon âme éteinte.
Un bruit, une présence, un dieu que je ne connais pas, avec un pied dans chaque monde, vient me dire qu’il m’envoie sur terre.
J’hurle des remerciements, pendant des jours entiers je lui déclame tous les plus beaux poèmes humains, parfois il rigole et souffle des tourbillons bleus, parfois, il pleure des diamants bruts, qui, en tombant font trembler ce qui me servait de contrée.
Pourquoi est-il touché ? Ceux qui écrivaient, en bas, n’auraient jamais rêvé pareil aboutissement.
J’arrive avec le vent sur la planète bleue, je n’ai pas tenu les comptes, mais en calendrier terrestre on doit être en l’an vingt mille.
Quel jouissance, ça pue, pas un oiseau, pas une fleur, des bidonvilles partout, des estropiés, sales, affamés, désespérés, bien vivants quoi, ils ne savent pas la chance qu’ils ont.
Je vais m’employer à tous les emmener avec moi, et gagner avec eux ma place en enfer. Briser cette chaîne de solidarité qui règne en général chez ceux qui n’ont rien, et qui partagent tout.
Ils ont des corps pourris, je vais pourrir leurs âmes.
Je leur dis d’où je viens, mon mépris pour les champs Elysium, mon envie de les en préserver, de leur offrir l’enfer.
Des dizaines de millions de personnes arrivent.
Je suis le centre d’intérêt des terriens.
Et comble de bonheur je peux déféquer, pisser, cracher des glaires plus grosses que des huîtres, et j’ai mal aux dents, à la tête, j’ai faim et soif, je cri un tonitruant merci aux dieux, les gens me regardent fascinés.
Après de longs conciliabules, un nain barbu prend la parole :
 - Il est le mal, pour sauver nos âmes et rejoindre les champs Elysium nous devons le faire souffrir, et le tuer !
L’acte m’enchante en soi, mais ce nain a raison, il a compris, et dans l’étroitesse des esprits humains il ne saurait en être autrement, je crie à la foule :
 - Raccourcissez ce nain, il veut vous priver d’enfer ! Coupez lui la tête avec du barbelé !
Personne n’est sensible à mes avertissements. Un bourreau me lie les mains. Il me jette de l’alcool sur la tête et y met le feu pour brûler la chevelure jusqu’aux racines.
Il me place des morceaux de soufre sous les bras et autour du cou, et les enflamme.
Il me lie les mains derrière le dos et m’élève.
Là, je reste suspendu pendant trois ou quatre heures. Je dois avouer, putain c’est trop horrible, quel con je fais, ça n’était qu’une putain de vue de l’esprit, quelle horreur, je jure qu’il est insupportable de souffrir autant.
A son retour, il m’asperge le dos d’alcool et y met le feu.
Il m’attache de très lourds poids au corps et m’élève à nouveau. Après cela, il me place le dos contre une planche hérissée de pointes acérées, la foule hurle de joie.
Le nain vient me voir de près, il pue la merde mais a des relents de jasmin, c’est l’orteil d’un dieu de là-haut, il me nargue :
 - Tu as ce que tu voulais ? La souffrance est-elle à la hauteur de tes attentes ?
 - Pitié, je veux retourner aux champs Elysium, j’étais aveuglé par la bêtise et le poids de l’éternel !
 - Allons, je te laisse souffrir en paix, je me recule, je ne veux rien perdre du spectacle !
Le bourreau me comprime alors les pouces et les gros orteils, il vit et l’étau me comprime, il me frappe les bras avec un bâton clouté. Il me laisse ainsi suspendu pendant un quart d’heure jusqu’à ce que je perde connaissance.
Puis il me presse les mollets et les jambes en vissant.
Il me fouette ensuite avec un fouet conditionné pour lacérer jusqu’à l’os.
Le lendemain, j’eus les tendons des bras coupés, quand ils tirèrent sur de petits fils blancs, mes nerfs ; ce fut, pour chaque fil, comme si une lame géante me transperçait violemment de l’anus au cerveau.
On me dépeça, la peau retirée au-dessus de mon corps me fit ressembler à un papillon de l’enfer. Les tendons, coupés, les os brisés, et désormais à vif ! On me balança dans une cuve pleine de toutes sortes de vermines, de larves affamées.
 - Non ! Personne n’a le droit de souffrir comme ça !
Le dieu qui m’avait dit qu’il me ferait tester l’ultime souffrance est là. Drapé d’étoffes et sentant le jasmin.
 - Alors ? Voilà l’éternité telle que tu l’as voulu ?
J’hurle avec une telle puissance de désespoir que je force les portes célestes. De là où je m’adresse à vous, le ciel est gris, comme je l’ai toujours voulu, une grotte avec un grand feu, une source pas loin, une belle femme, rebelle, vêtue de peaux de bêtes, elle ramène des fruits piqués mais bons, je ne vois plus les dieux, je n’implore plus rien, je suis bien.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...