Bloggu litterariu corsu

u 4 di Farraghju 2013 - scrittu dà - lettu 4729 volte

Incompréhension


Incompréhension
Éric, maintenant bien rodé à la survie en milieu hostile, termine son igloo de fortune pour la nuit. Un joli dôme bleuté dans cette immensité de glace. Ici et maintenant, au nord du Groenland sur une calotte glaciaire de trois kilomètres de profondeur.
Il s’assoit pour reprendre son souffle, quelle chance, un coucher de soleil aux couleurs fantastiques et flamboyantes, plus loin un iceberg monumental, époustouflante beauté quand la lumière frappe sa surface et se diffuse dans la glace.
Il ressent la plénitude absolue, un fétu de paille dans la main de dieu, il se réconcilie avec lui-même, loin de cette civilisation glauque et hypocrite. Ouvrant son sac à dos, il sort la peau d’un phoque, qu’il a tué il y a deux jours, alors qu’il se prélassait au soleil. Et des morceaux de sa viande.
Le lendemain, après une heure de marche il entend un rugissement. Il court, contourne un bloc de glace : Wow ! Le plus grand carnivore terrestre, l’ours blanc, debout, déployant sa puissance brute, déchirant le ciel et la terre dans des rugissements qui violent le silence immaculé de ce lieu hors du temps.
Mais il y a un homme dessous, près d’un phoque harponné, c’est un inuit. Je charge mon fusil, pousse un cri pour attirer l’attention de l’ours, il se tourne vers moi puis se rue sur l’inuit, je tire en l’air, il recule un peu. Je tire de nouveau, il part à toute vitesse. Je m’approche de l’homme, il est blessé au bras, d’un coup de griffe l’ours polaire a transpercé les épaisseurs de peaux de Phoques. Dans mes affaires j’ai de quoi faire un bandage, l’inuit me regarde avec des yeux humides de reconnaissance. Quand je vois les chiens de traîneau je suis tout ému, je vais les caresser, ils sont très affectueux. L’inuit se nomme Amak, je l’aide à charger le phoque dans le "Komatik" traîneau traditionnel, pratique et rationnel.
Amak m’invite à le suivre dans son igloo, je comprends qu’il vit avec une compagne prénommée Yepa. Comment expliquer ce que je ressens alors que le traîneau file sur la neige tassée, on passe maintenant sur une mer de glace. Ah comme je ne regrette pas ce voyage, quitter cette île étouffante, trop de gens perclus de certitudes, de médiocrité, ça me purifie l’âme. L’exaltation de rencontrer un être vrai, sans vice, le dernier sans doute à vivre, avec sa femme, comme ses ancêtres.
On arrive à l’igloo, superbe dôme régulier d’où sort Yepa, vêtue d’un grand manteau en peau d’ours blanc.
Amak lui fait le récit de ce qui est arrivé, elle me regarde avec un grand sourire plein de reconnaissance. Elle doit avoir dans les vingt-cinq ans, elle est très belle, typée, les traits fins, un beau regard doux.
 Elle a des journées bien chargées, préparer les peaux, confectionner les vêtements, faire sécher la viande, s’occuper de son bébé de trois mois, pêcher…
L’intérieur de l’igloo est très chaleureux, des peaux habillent l’intérieur pour éviter la fonte de la glace, d’autres au sol forment un tapis confortable, au centre un feu, on s’assoit autour, Yepa met dans un récipient de la glace et des herbes sèches stockées dans une niche de glace. Place le tout sur une pierre plate au cœur de la braise.
Le breuvage est chaud et me fait un bien fou. Nous mangeons, échangeons, puis, je m’endors dans la douceur chaude des peaux. Les jours qui suivent, je chasse et pêche avec Amak, je suis ébahi par ses techniques, l’utilisation d’os pour faire des pointes de harpons, de tendons pour les faire tenir… Quand il creuse dans la glace, il en ressort toujours deux ou trois gros poissons en moins de dix minutes.
Je passe sans doute les journées les plus enrichissantes de ma vie.
Un soir, Amak me dit qu’on est plus que des amis, on est comme des frères. Donc, il me fait l’honneur de me laisser sa femme pour la nuit, Yepa penche la tête sur le côté et rigole comme une petite fille qui a fait une bêtise.
Je fais signe que non, je ne suis pas d’accord. Amak part dans l’annexe de l’igloo, avec des peaux, dormir au milieu de ses chiens. Yepa me regarde avec un sourire malicieux, je souris, et lui dit que ça n’est pas possible. Elle paraît très inquiète, et chacun se couche de son côté.
Au matin je suis réveillé par des cris, le couple discute devant l’igloo.
Amak entre, fou de colère, avec un regard de tueur. Je me lève, surpris, il prend un couteau et se jette sur moi, je lui bloque le bras et le déséquilibre, il se relève et veut recommencer, je prends mon fusil et lui mets un coup de crosse au milieu du visage.
Je prends mes affaires et repars d’où je viens, incrédule et peiné.
Amak ne peut laisser passer l’affront, refuser cette offre est la pire des insultes. Et il est un redoutable chasseur. Après deux jours de marche je commence à relativiser, je me dis que j’ai été con, c’eût été un signe de respect et de confiance de coucher avec Yepa.
Un harpon à la lame tranchante comme un rasoir fend l’air et se fiche dans mon cœur… C’est un inuit plein de respect, avec des larmes aux yeux liées à la peine immense qu’il éprouve à la perte d’un frère, qui accomplit le rite mortuaire ancestrale…


              



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