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u 10 di Marzu 2014 - scrittu dà - lettu 273 volte

Id´île volcanique


Peinture surréaliste de  VLADIMIR KUSH
Peinture surréaliste de VLADIMIR KUSH
Un majestueux trois-mâts au spectre inquiétant, tout droit sorti d’un rêve, arrive dans le port d’une ville dont les couleurs saturées irradient le désespoir. Ses grandes voiles captent la lumière dorée. A bord du « Quatre vents », le duc et la duchesse de Rosticello, et leur fille, Apollonia.
Apollonia ne se résout pas à la vie cousue de fils d’or organisée par son entourage. Elle, magnifique insoumise, promise à un prince abruti et moche, veut décider toute seule de son destin. Du pont de bois lustré, elle regarde la ville tentaculaire qui n’a plus ni sens ni âme. Les rues sont parsemées d’étals où foisonnent quantités de marchandises, des étoffes venues d’ailleurs, des souvenirs ringards, des carcasses de viande, des anguilles vivantes… Une multitude de stands anarchiques aux couleurs criardes. Son infaillible intuition éveille ses espoirs les plus fous : elle sent qu’ici, dans ce lieu de perdition, une force mystique va tout faire basculer.
Sur les hauteurs de la ville, en un endroit plus sain(t), Alexandre irrigue son jardin. Une succession de terrasses plantées de fruits ou de légumes, ceintes par des murs de pierres sèches. L’eau jaillit de la roche, il en a toujours été ainsi. Dans les montagnes, ses chèvres se régalent de fleurs sauvages poussant entre les failles rocheuses.
Alexandre vit entre deux mondes, le sien et celui des hommes, lointain et flou. Les citoyens évoluent à l’inverse de son prisme de vie – droiture et humilité, nature et simplicité. Avec eux, il réalise des affaires non complexes. Ils viennent acheter ses fromages et ses fruits gorgés de soleil.
Le majordome du voilier « Quatre vents », arrive justement à cheval, un pur British exotique. Réflexe pavlovien, le majordome s’exclame :
 - Oh my god !
Tant il est estourbi par la beauté crue du domaine et la vue plongeante sur un monde en mouvements désynchronisés, jusqu’au blanc vaisseau d’où il arrive ; au loin, l’horizon de profundis.
 
Il passe commande pour le navire : 50 kilos de fruits, figues noires, grappes de raisin blanc, et pêches de vigne, livrables avant la tombée du jour.
Ce bateau a un halo étrange, certes, mais Alexandre va tirer des pièces d’or de sa transaction. Il charge son âne de deux gros paniers et se dirige vers le port. Il verra bien ! Il s’arrête en chemin chez un loup solitaire, un pirate des grands larges ; il est le seul à pouvoir discuter avec lui. Ils boivent un coup en regardant passer le gouverneur à vie de la cité, entouré de courtisans plus pompeux et ridicules les uns que les autres, et conviennent que la ville va bientôt disparaître ; un sort récurant depuis la nuit des temps.
Ensuite, Alexandre va livrer le salon « Les Trois Aubes ». La maîtresse des lieux, Marnélia, est une veuve joyeuse, à la réputation sulfureuse, une des rares personnes qu’il respecte. Quand Alexandre entre dans le salon et dépose un plateau de fruits sur une table, Marnélia est à sa place habituelle, vêtue d’une belle robe de dentelle ancienne, et capte toutes les attentions avec ses anecdotes et sa verve inimitable. Elle fixe Alexandre intensément. Toutes les femmes aiment le fixer ainsi, et s’immerger dans son regard vert rehaussé par sa peau mate et la noirceur bleutée de sa chevelure. Soulevant sa robe, Marnélia lui dévoile l’amant qui s’occupe d’elle et se branle en même temps. Sous l’antre vaporeux, monde secret, s’affaire le jeune galant du jour, passé discrètement par une trappe située sous le comptoir. Les journées de Marnélia sont rythmées par les allégories artistiques de ses désirs, nourritures nobles et extase sensuelle. En cet instant, une langue de velours effleure l’intérieur de ses cuisses, de bas en haut, tournoie autour de son sexe ouvert puis le fouille en rond. Des frissons parcourent Alexandre qui s’en va.
Il est cueilli par l’audace d’une épouse de courtisan ; alors qu’il passe, elle l’arrête et l’entraîne sur une placette verte qui domine la mer turquoise. L’âne les suit. La courtisane s’agenouille subitement, dégrafe délicatement Alexandre et met son sexe dans sa bouche. L’excitation secoue Alexandre, ses membres tremblent un moment. Elle le suce lentement, faisant tourner sa langue autour de son gland, puis accélère, le faisant entrer profondément dans sa bouche humide. Il la tient par sa longue chevelure jaune. Puis, n’y tenant plus, il la retourne, la retrousse et la sodomise. Elle pousse un long râle, mélange de douleur et de plaisir, puis crie de plus en plus fort en se branlant frénétiquement, excitée par la violence de l’assaut et par sa propre soumission.
Pendant l’orgasme de la femme fontaine, le liquide chaud coule par saccades sur ses jambes, cependant qu’il regarde au loin, fasciné par l’étrange vaisseau aux voiles d’or. Il se retire puis soulève la femme par les deux jambes, lui mord la bouche, fourre sa queue dans sa chatte, et en quelques coups de reins puissants, jouit avec une intensité incroyable. La femme se rhabille et part sans un mot. Ça ne le touche pas, il n’a jamais connu l’amour.
Arrivé sur la passerelle du trois-mâts, il reste béat devant le faste du navire. Tout est en bois noble, poli, luxueux, des mâts de 100 mètres, aux voiles gigantesques. Sur le pont numéro un, de grands salons d’été, des comptoirs, des buffets oniriques. Il dépose ses grands paniers de fruits au centre d’une large table.
La duchesse, l’apercevant, murmure à sa servante : « Quel apollon, plus beau qu’une statue grecque! Huuum, ces muscles ciselés! »
Alexandre dégage en plus un magnétisme empreint de poésie et de mystère. Le duc Rosticello, homme extrêmement néfaste, le regarde avec méfiance.
Le duc :
 - Paysan, voyez avec mon majordome pour votre dédommagement. Veuillez ensuite quitter le navire sur le champ !
Alexandre :
 - Monsieur, je ne fais pas l’aumône. Mes fruits sont au moins aussi précieux que votre or !
Le duc :
 - On m’a rapporté que vous étiez un enfant trouvé !
Alexandre :
 - Oui, mais je ne suis pas un homme perdu…
 
Tandis que dans des alcôves, des destins se réécrivent, un frémissement invisible bleuit les esprits. Du pont supérieur, et au ralenti, volent jusqu’à eux des pétales de coquelicot portant un parfum poivré et délicat. Apollonia apparaît. Alexandre la regarde. Ils se regardent hébétés, émerveillés… Derrière elle, il voit un soleil à plumes, des glacis célestes, du bleu de cobalt avec des fondus de terre de sienne. Pour la première fois de sa vie, son cœur vibre d’amour, c’est délicieux. Pour la première fois de sa vie, elle se voit belle et libre, dans ses yeux à lui. Elle sent ses seins pointer, son sexe mouiller ; une révélation foudroyante. Les barques colorées des pêcheurs ondulent légèrement près du quai, le « Quatre vents » replie ses grandes voiles, Apollonia ne touche plus mer …
Alexandre quitte le bateau, il la regarde. Il s’éloigne ; il ne voit qu’elle. Il remonte sur ses terres, frissonnant à l’idée de cette déesse à la beauté plus grecque qu’italienne.
 
Le Duc de Rosticello a capté l’idylle entre sa fille et Alexandre. Ne voulant prendre aucun risque pendant tout leur séjour en ce lieu, il fait appeler le tueur le plus redoutable de la région : pour ne pas risquer de perdre la précieuse virginité de sa fille, il va faire tuer Alexandre.
Alfredo Manza, surnommé le caméléon, est un tueur né. Petit et svelte, souple, un animal au sang froid et aux gestes d’une précision pure. Il aime ce qu’il fait, il façonne lui-même ses lames qu’il affûte à la perfection. Il peut dépecer un homme en quelques minutes, sans efforts. Il vit seul, personne ne s’aventure jamais dans son domaine d’arbres morts. Ses compagnons sont des sangliers géants à qui il donne les restes de ses victimes. Dans sa bergerie, même la lumière est poisseuse ; son feu intérieur lui suffit.
La beauté sauvage et raffinée d’Alexandre, la ville foisonnante, ont contribué à exacerber les sens de la duchesse de Rosticello. Aussi a-t-elle donné des consignes à sa fidèle servante. Elle a fait choisir dix membres de l’équipage parmi les plus vaillants. Elle se rend maintenant dans ses appartements, à l’arrière du bateau, pont inférieur. Les hommes sont allongés, nus, dans le long corridor éclairé par de petites bougies rouges dont les lueurs ne révèlent qu’aléatoirement des parties de leurs corps. La servante ouvre le chemin et suce le premier membre jusqu’à le tendre au maximum. La duchesse avance à tâtons, et à la faveur d’un éclat rougeoyant aperçoit le sexe dressé. Sa gorge se serre, son ventre s’embrase, elle s’empale sans difficulté et s’active frénétiquement… La servante suce déjà le second…
Demain soir, la ville entière sera le théâtre d’un carnaval, suivi d’un bal masqué qui traditionnellement se termine en orgie entre notables. C’est aussi demain soir que le caméléon doit exécuter Alexandre. Tous les ans, même s’il n’a pas de contrat, Alfredo Manza met en pratique le sens initial du mot carnaval, carnelevare, qui signifie retirer la viande. Il choisit au hasard une victime, le plus souvent un voyageur infortuné, dont il débite la chair en morceaux.
Le lendemain, la soirée approche. La duchesse compte bien participer activement à l’orgie ; le duc, impuissant depuis des lustres, espère se faire sodomiser par quelques brutes ; Apollonia désire quitter à jamais sa prison dorée pour vivre sa liberté avec celui qu’elle aime déjà.
Le caméléon a choisi une lame effilée qu’il a pris soin de tremper dans un poison paralysant, histoire de pouvoir torturer à souhait.
Alexandre a ramassé des cristaux de sel aux saveurs divines et de gros coquillages. Il allume un feu pour les rôtir, arrosés d’huile d’olive et de citron. Il veut recevoir la belle comme une reine ; elle doit profiter du carnaval pour venir le rejoindre. Le feu rayonne sur la colline, Apollonia a semé ses chaperons et brouillé les pistes, et elle marche maintenant en direction du feu comme les rois mages vers l’étoile du berger. Son cœur bat de plus en plus fort. Au détour d’un massif de fleurs, elle apparaît. Alexandre la regarde approcher. Sa robe d’un rouge flamboyant se fond dans le coucher de soleil. Appolonia regarde Alexandre. Tous deux ont la chair de poule, ils se rapprochent, s’enlacent. Le temps se fige dans l’insondable, l’incomparable. Il goûte à ses lèvres douces, elle pousse sa langue au goût de fraise dans sa bouche… Elle fond en lui, un flocon tombant délicatement dans le désert. Il l’entraîne plus haut dans une grotte naturelle. Au sol un grand tapis de fourrures, des plateaux de fruits et du vin. Elle le déshabille, la bouche noyée de désir ; il la déshabille, les yeux brillants d’émotion. Nus l’un contre l’autre, leurs peaux frémissent. Leurs langues rivalisent de douceur chaude, elle le branle, comme une évidence, son instinct la guide. Il caresse ses fesses d’une main et sa chatte de l’autre, effleurant son clitoris, entrant légèrement son majeur dans son vagin en feu. Ils s’allongent. Elle écarte au maximum ses cuisses pour que la langue d’Alexandre puisse la fouiller plus profondément. Sur les parois orangées de la roche, leurs ombres cèlent l’union mystique.
Dans les salles du palais, l’orgie bat son plein et offre le tableau surréaliste d’une bête immense à plusieurs têtes ; des râles de plaisir ; la duchesse a gardé son masque, des langues, dont elle ne sais plus distinguer si elles sont masculines ou féminines, l’amènent au paroxysme. Des mains et des doigts la caressent et la fouillent. Des chameaux, des girafes, des zèbres entrent dans la vaste salle, majestueux. Elle n’est plus qu’une chose livrée aux désirs pervers de la meute. Elle est fouettée de martinets aux lanières en cuir, une dizaine d’hommes lui pissent dessus; en transe, elle bénit Satan.
Le caméléon approche, son rythme cardiaque est très bas.
Alexandre caresse le visage d’Apollonia avec sa queue, puis descend entre ses seins, son ventre, elle s’en saisit, n’en pouvant plus d’attendre.
Elle la guide à l’entrée de son vagin.
Il la pénètre doucement, l’hymen est perforé sans douleur. Ce sexe dur en elle la fait accéder à l’inconnu, elle ne cherche pas à retenir ses cris, elle griffe son dos.
Elle se met à quatre pattes, sent sa raison vaciller à chaque coup de rein, les spasmes lui font dévaler des pentes vertigineuses. Les couilles fermes qui tambourinent sur son pubis ont des échos de symphonies pastel.
Puis elle le chevauche, décolle, et troue le toit céleste, ses ondes de plaisir inondes la terre entière.
Pour la première fois, et dans une sublime plénitude, Alexandre allie le
sexe et les sentiments, il a perforé le voile opaque de l’amour, le plaisir se diffuse, un crescendo en secousses sismiques. Il ne sent plus l’attraction terrestre, pour se caler à elle, il lui empoigne les fesses, quel cul ! L’éruption est imminente.
Le caméléon approche à pas feutrés, il entend les cris des amants, montée d’adrénaline, il bande en sentant sa proie si proche et si vulnérable.
Eux ont un orgasme simultané, masquant un moment le grondement assourdissant survenu au même instant; le ciel s’embrase, un tourbillon épais mêlé de rouge et de noir enveloppe tout, la température s’élève vertigineusement, les vapeurs de soufre donnent un goût d’enfer à leur paradis…
Aux premières lueurs de l’aube, le spectacle est apocalyptique et magnifique, les coulées de lave ont tout recouvert, y compris les bateaux dans le port. Dans les rues, les gens sont transformés en statues de pierres, certains saisis dans leur fuite, d’autres en faisant l’amour. L’orgie est figée pour l’éternité, la duchesse gardera à jamais son expression délurée et une queue dans la bouche. A l’entrée de la grotte, une statue inquiétante, le caméléon avec sa lame de pierre ne tuera plus. Par endroits, la lave est encore en fusion. Pourtant sur les hauteurs, on peut apercevoir un îlot de verdure épargné par la lave, où bêle un troupeau de chèvres et coule une rivière, et au beau milieu, un couple enlacé…


              



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