Bloggu litterariu corsu


u 22 di Sittembre 2017 - scrittu dà Serge Astolfi - lettu 188 volte

Haro sur la miss

Tout est parti d'une boutade sur Twitter.
Serge Astolfi (dont je vous recommande les livres) a relevé le défi.
Je l'en remercie.


Haro sur la miss
J’vous l’avais dit les gars ! Faites la pas chier la vieille, sinon vous allervous en mordre les dents ! Bin voilà ! Z’avez voulu n’en faire qu’à vot’tête ? Aujourd’hui z’avez plus que qu’à ramasser vos dents, vos slips sansélastiques et aller pleurer vos races chez vos mères.
 
Résumé léger, certes populaire et peu courtois, mais exact et précis quant à lasituation du jour.
 
Un an plus tôt :
 - Je suis Gervaise de Fontedesneiges et c’est moi, qui, depuis des années, dirige le Comité et cette putain d’élection de miss. J’en suis son âme, son cœur, son poumon, son pouls.
 - Si, effectivement, vous êtes l’élection de Miss France incarnée, il faudraitvoir à y mettre un sacré coup de lifting ! Tout prend la descente !
 - En Plus d’un mufle, doublé d’un paltoquet, vous êtes une petite bited’adolescent, trop triturée. Me parler à moi ! Ainsi ! Mais c’est à genoux que vous devriez vous adresser à moi ! Une main sur le cœur et l’autre protégeant votre arrière train, de peur que je ne vous le botte !
 - Bon écoute mamie ! On va pas tortiller du cul pour chier droit ! Le comité Miss France c’est plusieurs millions d’euros générés, faudrait qu’tu comprennes qu’on est plus en anciens francs et que "Âge Tendre et tête de Bois" c’est terminé. Aujourd’hui c’est business is business. Faut laisser la place aux jeunes et tirer ta révérence, si tenté t’arrive à t’redresser après. J’te propose une pension, une mini tournée d’adieu dans les médias pour dire que t’es ravie de la suite de l’aventure et, lorsque t’aura passé l’arme à gauche, j’te promets ton nom à une élection de Miss. Si t’es OK, on signe tout de suite, Sinon j’te charge d’un tel scandale financier qu’tes petits-fils auront tellement honte, qu’ils se feront naturalisés Inuits. À toi d’voir. La balle est dans ton camp…
 - Bande de fils de putes que vous êtes, Si vous croyez que vous allez m’avoir comme ça ? Vous tenez ma descendance en otage et par respect pour elle, je vais être obligé de vous laisser les rênes du Comité. Mais n’oubliez pas quelque chose : si la balle est maintenant dans mon camp, sachez que je l’engage dans mon canon et que ce sera justement celle-là qui va tous vous abattre.
Et de claquer la porte du bureau, non sans avoir signé son retrait de l’organisation de Miss France et accepté les quelques miettes qu’ils ont bien voulu lui accorder.
 
Ce n’est que quelques jours plus tard, une fois la colère retombée, que Gervaise de Fontedesneiges prend la décision de quelques jours de repos, loin du tumulte Parisien et surtout loin de toute cette presse people avide de tout et de n’importe quoi, qui la harcèle à chaque instant du jour et de la nuit. La fin de sa participation au comité de Miss France a sonné la fin de toute une époque pour cet évènement qui implique tout le pays. On veut savoir, on veut comprendre comment celle qui a tant donné pour amener l’élection de Miss au sommet des évènements annuels mondains, a pris la décision de tout arrêter. Elle qui, quelques mois plus projetait encore tant de choses nouvelles autour du scrutin, sa décision parait irrationnelle, voir forcée. Comme seule la presse people sait le faire, on lui prête une grave maladie, suivi d’un long combat qu’elle doit mener et qui prime sur la direction du Comité. Elle a pu lire tout et n’importe quoi et elle en a assez. Bien évidemment, il lui est impossible de raconter toute la vérité. Elle s’est engagée par écrit et ne veut en aucun cas mettre en péril les membres de sa famille.
Elle aurait pu aller n’importe où dans le monde, tant son réseau de connaissance est étendu. Près d’un demi-siècle d’élection de Miss nationale, c’est très fructueux pour faire grossir son carnet d’adresse. D’Amérique du Nord, en Asie du Sud-Est, en passant par les Pays Arabes ou l’Afrique, elle a un port d’attache sur n’importe quel continent. Néanmoins, son instinct la pousse à rester à proximité de Paris. Expliquer pourquoi, elle ne le peut pas. Une petite sirène intérieure qui lui dit de ne pas s’éloigner. Pourtant, il lui faut quitter le sol national.
C’est en allumant sa télévision un soir, alors que l’on y diffuse un reportage sur les plus belles côtes de France, qu’elle a le flash. Elle sait où elle doit aller pour prendre un sérieux repos, loin de tout et de tous, tout en restant à proximité immédiate de la capitale : la Corse.
Elle avait eu une aventure amoureuse d’une nuit avec un monsieur local, lors de sa participation, en tant que juré, à l’élection de Miss Corse, dans une discothèque de l’Île Rousse. Elle était, à l’époque, célibataire et encore très belle femme de moins de cinquante ans. L’élection avait eu un succès fou et plus de deux milles personnes s’étaient déplacées. La fin de soirée fut plutôt arrosée et festive, ce qui avait poussé Gervaise dans les bras du tenancier de la discothèque. Un grand gaillard brun et ténébreux, qui ne parlait pas beaucoup mais qui embrassait bien, se souvient-elle, tout honteuse. Depuis, ils n’avaient échangé que quelques très rares messages, mais apparemment, ne s’oubliaient pas mutuellement.
 - Allo ?
 - Allo ? Bonjour, je désirerais parler à Jean-Louis Porchettu, c’est de la part de son amie Gervaise… de Paris.
 - Gervaise ? De Paris ? Et vous voulez parler à Jean-Louis ? Jean-Louis Porchettu ?
 - Euh… Oui ! Tout à fait… mais êtes-vous obligé de reprendre tout ce que je dis sous forme de questions ?
 - Oui ? Tout à fait ? Et si je dois poser des questions ? Non… Pourquoi ?
 - Bin, c’est parce que c’est ce que vous faites, sans, néanmoins répondre à ma question initiale
 - C’est ce que je fais ? Et je ne réponds pas à la question initiale… ? Mais qui vous êtes pour me parler comme ça ? Vous savez où vous êtes là ?
 - Je suis Gervaise de Fontedesneiges, une amie de Jean-Louis Porchettu… et apparemment, vu la susceptibilité de mon interlocuteur, je suis bien en Corse.
 - Gervaise ? De Fontedesneiges ? Une amie de Jean-Louis ? Susceptible ? En Corse… ? Mais qu’est-ce que vous voulez à la fin ?
 - Juste parler à Jean-Louis Porchettu. C’est tout.
 - Ah bon ! C’est tout ? Et vous ne pouviez pas le dire plus tôt au lieu de me raconter votre vie et de me faire perdre mon temps !
Et la voix s’éloigne du combiné en criant :
Ô Jean-Louis ! C’est pour toi le téléphone ! A mon avis c’est un flic parisien, vu les questions qu’elle pose.
 
Une semaine plus tard, l’ATR72 de la Compagnie Air Corsica, se pose, comme tous les jours, à 16h30 sur l’aéroport de Calvi Sainte-Catherine (Sainte Patronne des vols en retard et des valises perdues).
Il y a peu de passagers à bord et Gervaise de Fontedesneiges traverse le tarmac d’une démarche identique à celle d’un mannequin de chez Dior en pleine dépression. Coiffée de son mythique chapeau en forme de raie-Manta et le visage masqué par une immense paire de lunettes solaires en vente dans tous les magasins spécialisés des années soixante, elle traverse le tarmac, telle la girafe s’approche d’un point d’eau, au soleil couchant.
Arrivée dans le hall, elle fait un rapide tour d’horizon afin de reconnaitre celui qui, il y a quelques décennies, lui fit perdre la tête, le temps d’une soirée, mais pas sa virginité qu’elle avait échangé, quelques mois plus tôt, lors d’un concours de Miss, contre le titre de première dauphine (et une dauphine fourrée c’est pas mauvais).
De prime abord, personne ne correspond à ce qu’il lui reste de souvenir de Jean-Louis Porchettu. Juste une grosse dame, en train d’expliquer, au téléphone, la recette de la poule au pot à un certain Henri, un douanier endormi d’avoir vu passer trop de moutons, un enfant de moins de cinq ans ayant la capacité de salir toute une vitre de l’aéroport à l’aide d’une simple crotte de nez, deux amoureux fougueusement liés par la langue, tant ils se sont manqué et ont des choses à se dire dans le creux de la bouche, et un petit bonhomme barbu, habillé comme si la guerre venait d’être déclarée, les mains dans les poches et aussi avenant qu’une maladie vénérienne.
C’est d’ailleurs lui qui s’approche de Gervaise de Fontedesneiges.
 - C’est vous qui arrivez de Paris ?
 - Moi et les quelques autres personnes qui sont dans le gros oiseau de fer blanc que l’on appelle avion. C’est vous qui posez sans cesse des questions ?
 - Oiseaux de fer ? Avions ? Questions ?
 - Et qui répondez au téléphone aussi.
 - Au téléphone ? Oui… Quand il sonne.
 
Malgré le fait qu’il soit grimé et accoutré tel un guérillero du fin fond de la Pampa, le petit bonhomme à tout de même la courtoisie de prendre la valise de Madame et de la pousser, d’autant qu’elle est munie de roulettes (la valise, pas Madame !).
 - Vous êtes tout de même galant ! Merci pour ma valise !
 - Galant ? La valise ? Ah oui ! Non, c’est juste pour m’appuyer dessus.
 
Après moins d’une heure d’une route sinueuse et jonchée de nids de poule, la grande dame fait connaissance avec le village, la maison et la famille de Jean-Louis Porchettu. Lui n’a pas trop changé, hormis quelques cheveux grisonnants sur ses tempes et quelques rides aux coins des yeux, il est resté l’homme viril, sévère et séduisant qui lui avait fait découvrir la bibliothèque thaïlandaise, l’hélicoptère du vice, ainsi que d’autres positions qu’elle n’a, depuis, pas oublié.
 
Les premières journées de vacances sont des plus reposantes pour Gervaise de Fontedesneiges. Entre bons repas, siestes au soleil et soirées au coin du feu, elle profite de la Dolce Vita Corse, oubliant, petit à petit, le tumulte et la frénésie parisienne. Néanmoins, elle reste très contrariée et perturbée par sa mésaventure et son éviction du Comité Miss France. Elle s’est juré de se venger et elle tiendra parole. Reste à savoir comment.
 - C’est vrai ce que racontent les journaux ? Tu étais fatiguée de l’organisation des élections ? Certains disent que tu aurais contracté une grave maladie.
 - Tous des menteurs ! Des fantasmeurs ! Juste de la merde pour vendre du papier. La vérité est que le Comité est une affaire qui génère des millions d’Euro et qu’elle a intéressé des sales gars avides d’argent. Ils se sont liés pour m’évincer de l’organisation afin de se partager le magot. Ils en sont arrivés à menacer ma famille si je restais ou si je dévoilais la vérité. Je les hais tellement ! Je me suis juré de me venger. Reste à savoir comment… Ils s’y attendent et sont, en plus, très malins.
 - Pas évident effectivement. Faut bien réfléchir et avoir beaucoup d’imagination.
 - Je vais trouver ! C’est sûr, je vais trouver !
 
Malheureusement, les jours passent et rien ne vient éclairer l’esprit vengeur de la grande dame. Elle se surprend même à croire qu’elle n’a qu’à laisser tomber cette sale histoire, tirer un trait sur son passé et se refaire une nouvelle vie sans les Miss. Jusqu’au soir où :
 - Gervaise ! J’ai réfléchi à ton affaire et j’ai peut-être une solution. J’ai un ami qui est romancier, Sergio Astilfo. Un garçon complètement fou, mais doté d’une grande capacité d’imagination. Donne-lui un mot et il écrit trois livres. J’ai envie de lui parler de ton affaire et le laisser réfléchir à un scénario. On verra bien ce qu’il en ressort !
 
(NDLR : toutes ressemblances avec un personnage existant ou ayant existé… et merde ! Après tout, j’écris ce que je veux !)
 
 - Pourquoi pas ! Qu’ai-je à perdre ? Si tu penses qu’il est capable de trouver une solution sans risque.
 - Et puis j’ai aussi d’autres connaissances dans le milieu ! Sais-tu que je suis un ami intime de Jean-Pierre Faucult ? Je l’ai connu à la Discothèque alors qu’il ne présentait pas encore les élections de Miss France. Depuis, chaque année il vient ici en vacances, chez moi, en toute discrétion. Je l’ai appelé hier soir et il m’a raconté combien il était déçu de la nouvelle organisation et que tu lui manquais beaucoup.
 - Un brave gars ce Jean-Pierre Faucult !
 - J’ai aussi déjà appelé mon ami Sergio Astilfo. Il va venir demain soir et tu lui raconteras tout.
 
 
Soirée de lumières, de paillettes et de frasques que ce premier Samedi du mois de décembre. Soirée de fête aussi, dans le fabuleux et mythique cabaret Parisien du Moulin Rouge, qui accueille, pour la première fois, la très médiatique élection de Miss France 2017.
Comme l’ont pensé les nouveaux organisateurs, Miss France est dans un plein renouveau et se doit de retrouver toutes ses lettres de noblesse. C’est pourquoi, la finale doit, désormais, être organisée dans la ville la plus française qu’il soit : Paris. Chaque année, sera sélectionné un endroit mythique de la Capitale qui servira de scène pour le show. C’est pourquoi, le Moulin Rouge a été choisi, en hommage aux spectacles Parisiens et à ce qu’ils représentent pour la France, dans le reste du monde. Ici tout est prêt pour une fabuleuse soirée pleine de charme à la française, de bulles de champagne Français, car c’est Miss France que l’on va élire ce soir, et Miss France, c’est la France !
Tout ce doit d’être le plus français possible. Même les invités ont été dotés d’un béret dessiné par Jean-Paul Ghierteau, symbole suprême du pays du camembert.
Les caméras ont pris l’antenne de longues minutes avant le début du spectacle en lui-même, afin de retransmettre l’arrivée de chaque invité, tous triés sur levolet. Plus on en fait et plus on fait rêver les gens du peuple, a déclaré l’un des nouveaux organisateurs, lorsque l’on lui demande si cette simple élection de Miss n’en fait pas trop. Pour lui, il faut que cela devienne un évènement mondain incontournable. Plus l’élection prend de l’importance, plus les sponsors se battent pour être présents et plus ils empochent de l’argent. C’est cela qu’il faut comprendre.
Les derniers à arriver en limousine devant la salle de spectacle sont les jurés. Tous très connus du monde du spectacle de la mode ou de la vie politique. On note la présence du chanteur Jacques Delabranche, fameux auteur de la chanson "Il est 22h00, Paris s’endort", entre autre. Des hommes politiques de tout bord, certains ont même été Maire de paris, d’autres députés. Des acteurs de cinéma très en vogue et notamment les acteurs principaux d’une série télévisée à grand succès, retraçant la vie d’une famille de mafieux sur une petite île de France. Il faut que la soirée soit des plus en vogue, d’où le choix des invités jurés. Il faut aussi comprendre combien il est important pour une personnalité de participer à de tels événements. Les agents de stars se battent d’ailleurs pour les imposer, surtout à coups de dizaines de milliers d’Euro versés aux organisateurs, afin qu’ils acceptent leur présence. Tout n’est que business, chapeauté par des droits télévisuels exorbitants. L’élection de Miss France est une entreprise qui rapporte très rapidement des millions d’Euro à ses organisateurs et très peu à l’élue, reléguée au second plan et très vite oubliée. L’élection de Miss France n’est qu’une campagne de pub qui met, avant tout, en avant la France, pays du bon goût, du charme, de la fête et des belles femmes. La FRANCE !
Avec plusieurs millions de téléspectateurs, l’élection de Miss France est devenue l’événement majeur du mois de décembre, après Noël.
 
Et parmi ces millions de gens assis devant leur petit écran, Gervaise de Fontedesneiges et Jean-Louis Porchettu n’auraient manqué la retransmission pour rien au monde. La grande dame est, d’ailleurs, spécialement revenu, à la demande de celui-ci, chez son ex-amant d’un soir pour assister à l’événement. Tous les deux confortablement installés devant le grand écran plat fixé au mur, attendent le début du spectacle, un sourire malin au coin des lèvres de Jean-Louis Porchettu.
Enfin les lumières s’allument, la musique jaillit et le spectacle commence. Les unes après les autres, les déesses de beauté de chacune des régions de France défilent devant un public avisé. Tantôt en tenue de soirée, tantôt en maillot,chacune d’elles étale ce qu’elles ont de plus attirant, non sans oublier de rouler des fesses à chaque fois qu’elles se présentent de dos au public ou aux caméras. L’œil coquin, le sourire érotique, le coin des lèvres humides, elles se veulent toutes être une invitation à la débauche, un fantasme inavoué, un instant d’adultère pour les maris spectateurs. Elles vendent du rêve et apparemment, le vendent très cher.
 
Plus d’une heure de spectacle et le moment est venue, pour Jean-Pierre Faucult, de dévoiler les douze demi-finalistes de l’élection. L’homme, plus professionnel que jamais, et riche de plusieurs années de présentation de cet événement, fait durer un suspens qui n’en est pas un. Effectivement, parmi l’ensemble des représentantes régionales, la plupart affichent une tare assez conséquente : un strabisme oblique, un bégayement insupportable, l’une d’elles, ayant la jambe droite plus courte que la gauche (ou l’inverse, mais qu’importe à ce stade de l’émission) à une démarche chaloupée qui vous donne le mal de mer. Une autre est immédiatement éliminé, pour avoir avoué, en direct et alors qu’elle était interrogée par Jean-Pierre Faucult, être, à ses heures perdues, hôtesse de charme sur un site internet. Elle avoue même, non sans fierté, avoir été, cette année, plus visitée que la Tour Eiffel. Tout ceci est tellement ridicule que l’on se demande si ce n’est pas voulu. Si ce n’est pas un spectacle cousu de toutes pièces.
Les douze nominées finalement alignées, les moins pires, le spectacle et les défilés recommencent. Certes, beaucoup de ces jeunes filles n’ont pas inventé le fil à couper l’eau chaude, mais elles ont, au moins, un physique agréable.
L’élection de Miss France, se voulant représenter la France et notamment la mode, c’est de fil en aiguilles que l’on arrive à la nomination des cinq finalistes. L’une d’elles sera officiellement la représente nationale de la France pour l’année à venir et, dans le monde entier (Pôle Nord et Pôle Sud inclus).
Roulement de tambours, cœurs qui battent dans les poitrines refaites pour la plupart des candidates, Jean-Pierre Faucult fait vivre un véritable polar à toute la France. Toute la France car, pour la nomination des cinq finalistes, les téléspectateurs ont pu voter, en appelant tout simplement un numéro, certes surtaxé, mais qui donne le droit de vote au peuple de France quant à sa représentante nationale. Au pays des droits de l’homme, la démocratie ne doit pas être bafouée, même pour Miss France.
Magie du moment. Les cinq finalistes du concours, dont l’une d’elles deviendra Miss France 2017 sont :
Miss Guadeloupe.
Miss Martinique.
Miss Tahiti.
Miss Saint-Pierre et Miquelon
Et…
… Miss Corse.
On l’applaudit, on l’offusque, on en rit, on en pleure jusque dans les chaumières.
Quoi qu’il en soit, il faut faire avec, les cinq finalistes sont toutes représentantes d’une île appartenant à la France. Toutes les candidates métropolitaines ont été éliminées.
 
Plus le temps passe, et plus Jean-Louis Porchettu affiche un sourire malin. Son plan à l’air de fonctionner. Gervaise, de son côté, en rien informée des évènements, par mesure de sécurité pour elle, et afin de la dédouaner en cas de raté, écarquille tellement des yeux, qu’un masque de soudeur ne suffirait pas à la protéger.
 - Qu’est-ce que c’est que cette arnaque ? ne cesse-t-elle de répéter depuis le début.
 - Je ne peux rien te dire, mais je crois que le plan de Sergio Astilfo fonctionne. C’est vraiment pas la moitié d’un con ce garçon ! répond (NDLR : à juste titre !) Jean-Louis Porchettu, plus mystérieux que jamais.
 - Et Jean-Pierre Faucult qui fait comme si rien ne se passe ! Au contraire même, il a tout fait pour casser les Miss métropolitaines ! C’est voulu ou quoi ? Comment peut-on demander à une Miss de réciter le théorème de Pythagore en anglais et à une autre d’exposer la théorie de la relativité du temps d’Einstein en une phrase ? C’est du sabotage ! Incroyable. analyse promptement Gervaise de Fontedesneiges en grande habituée de l’élection qu’elle est.
 
Enfin le grand moment est arrivé. Les cinq îliennes ont défilé de toutes les façons possibles et imaginables, les jurés ont voté, ainsi que les millions de téléspectateurs ont apporté leur oboles à l’organisation de l’élection. On sait désormais que l’élue repartira avec, non seulement le titre et la couronne,également la lourde responsabilité de représenter la France dans toutes les foires à la saucisse et au boudin et dans tous les tirages au sort de compétitions sportives (main innocente oblige !) du pays, mais de plus, avec une voiture Peugeot 307 cabriolet et tant pis s’il pleut, une parure de bijoux en vrai plastique qui viendra orner le sien, un ensemble sacs de voyages afin qu’elle ailles voir ailleurs si la France y est, incluant le fameux baise-en-ville, et un appartement qui lui sera prêté pendant un an, dans le centre de Paris, afin d’y arrondir ses fins de mois, puisque désormais elle est propriétaire d’un baise-en-ville. De quoi faire rêver les campagnes !
 - Miss France 2017 est… Et sera pendant un an…
Annonce Jean-Pierre Faucult, comme chaque année depuis près de quinze ans.
 - …Miss CORSE !!!
 - Hourra ! Ça a marché ! Merde alors ! Ça a marché ! On les a eu Gervaise ! On les a eus ! S’exclame Jean-Louis Porchettu, debout, les bras levés au ciel, comme s’il venait de marquer le but de l’année.
 - On les a eus ? Comment ? Je ne comprends pas !
 - Attends ! Tu vas voir maintenant !
 
Sur le plateau du Moulin Rouge, c’est l’émotion. Les confettis dorés pleuvent sur la nouvelle Miss France, on l’applaudit, on l’acclame, certains la sifflent, la musique solennelle résonne, et celle qui sera désormais l’ancienne Miss France 2016, vient déposer la couronne royale sur la tête de la jeune Corse étrangement stoïque et peu enclin à l’émotion.
Enfin la nouvelle Miss France s’avance pour se présenter à l’ensemble de ses concitoyens, au pays entier.
On lui tend un micro car il est d’usage qu’elle donne le ton de son année de représentation nationale.
Et là, tout s’effondre.
 
L’immense bouquet de fleurs qu’elle tient dans ses bras se retrouve jeté au sol et piétiné par la Miss. Elle s’empare de la couronne suprême qui repose sur sa tête depuis quelques petites minutes et la brise en deux, allant jusqu’à jeter les deux parties dans le public, sidéré. La musique c’est arrêtée, tout le monde est stupéfait. Il règne dès lors, sur la scène du plus grand cabaret du Monde uneambiance de mort. La France entière sait qu’il se passe quelque chose d’énorme. Toutes les chaînes, et notamment celles d’informations continues, ont donné priorité à cette fin d’élection tant c’est énorme. Jamais on n’a vu une nouvelle Miss France agir de la sorte.
Enfin elle prend la parole :
 - Je ne m’appelle pas Eva Calos ! J’ai été élue Miss Corse par intérêt et subterfuge, afin d’accéder à cette scène ce soir ! Mon vrai nom est Laetizia Leca Talameoni, je suis la fille du séparatiste Ange-Toussaint Talameoni, emprisonné dans les geôles de France depuis plus de quinze ans. Son seul tort est d’être indépendantiste Corse, comme je le suis moi-même. C’est pourquoi, mon organisation et moi-même avons infiltré le milieu de l’élection de Miss France, afin de, tout d’abord, dénoncer la politique colonialiste de votre pays vis-à-vis du mien. Nous avons tenu à infiltrer et à prendre en otage ce qui représente le mieux votre pays, dans le monde entier. Je crache sur cette écharpe bleu blanc rouge et brandi haut et fière notre "bandera testa mora", désormais symbole de la suprématie de ma nation insulaire sur le pays de France. Pendant un an, nous détiendrons en otage ce qui vous représente dans le monde et à chaque faux pas de votre pays vis-à-vis du notre, j’agirai en tant que représentante officielle de votre pays, pour desservir votre cause. Quand bien même vous me destitueriez, je resterai pour le monde celle qui a été élue ! Ce qui ce passe actuellement est filmé par la télévision du monde entier et demain, grâce aux réseaux sociaux, le monde entier saura que Miss France est otage de la Corse. Le monde entier pensera que la France n’a même pas été en mesure de protéger son icône nationale, comment pourrait-elle prétendre protéger son peuple ? La crédibilité des organisateurs de l’événement est aujourd’hui nulle. Il en va de même pour les représentants nationaux. Sachez que pour que je sois élue ce soir, nous avons réussi à infiltrer tous les réseaux : certains des jurés ici présents plaident pour notre cause et ont été installé ici pour voter pour moi. Le choix des autres Miss a aussi été calculé, afin de me donner toutes les chances d’élection. Nous avons été jusqu’à infiltrer le réseau téléphonique afin de filtrer les appels et de ne faire aboutir que ceux qui m’apportaient leur voix. Tout votre système a été infiltré par les partisans de notre cause. Nous pourrions tout aussi bien infiltrer des systèmes plus importants, comme l’armée et les administrations. Peut-être même l’avons-nous déjà fait ! Que la France prenne ceci comme un avertissement et qu’elle agisse, vis-à-vis de notre peuple, de notre île et de nos volontés, en connaissance de cause. Evviva u Fronte ! Evviva u Populu ! Evviva a Corsica !
 - Evviva a Corsica ! reprend en chœur Jean-Pierre Faucult, le poing levé.


              



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