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u 16 di Ghjugnu 2015 - scrittu dà - lettu 426 volte

Février 1769


Ne vous fiez pas à cette image ; le texte est vraiment bon. [commentaire acide signé PFCO]
Ne vous fiez pas à cette image ; le texte est vraiment bon. [commentaire acide signé PFCO]
Le ciel était gris, annonciateur d’une tempête de neige. Une de celle qui pétrifiait l’univers dans une gangue de glace, isolant chaque être dans un silence empli d’un sifflement âcre. Et on se recroquevillait au fond d’un trou, n’importe quel trou, pourvu que cela cesse.
Elle attendait le déchaînement : du bois, de l’eau, les bêtes et le foin, les fenêtres bien closes, des bougies de suif, et de quoi subsister.
Elle fixait son livre d’un œil morne, sachant que la couture était sa priorité. S’y dérober était impensable mais le désir de se plonger dans les mots était bien plus fort. Même si elle en connaissait le propos parfaitement.
Les coups se manifestèrent, insistants. Saisie, elle mit un long moment avant d’oser réagir. Un voyageur perdu, un voisin en peine, cela pouvait être n’importe quoi. Elle regretta de ne pas avoir le temps de charger son arme. Cependant, elle s’en empara, juste pour intimider le visiteur. Elle ouvrit la porte sur un être fantomatique enveloppé dans un tourbillon de neige. Sa silhouette encapuchonnée ne lui laissa aucun doute. Elle fut tentée de lui fermer la porte au nez mais elle contint son geste et son ressentiment.
 - Que voulez-vous ?
 - Ne pas me faire trouer la peau avec l’arme que je vous ai offerte.
 - Il n’est pas chargé.
 - Funeste erreur… Je vous ai connue plus prudente.
 - Je ne vis plus avec un pistolet chargé à la ceinture.
 - Donc vous comptez me laisser mourir de froid. Est-ce une option préférable ?
 - Une mort plus lente mais moins douloureuse.
 - Je dois vous parler. Vous ne répondez à aucun de mes courriers. Vous semblez ignorer l’urgence de la situation. Laissez-moi entrer, pour l’amour de Dieu !
 
A contrecœur, Anna s’effaça et referma soigneusement la porte. Il présentait ses mains gelées aux flammes généreuses. Elle le débarrassa de sa lourde cape encore couverte de brins de glace. Seul le feu chantait.
 - Alors ?
 - Anna, je pense que vous êtes au courant de la situation. Nos forces sont faibles face à nos ennemis. Notre pauvre Nation résiste, mais pour combien de temps ? Des troupes ont débarqué depuis la victoire de Borgu, je sais que vous ne l’ignorez pas. Notre courage est encore vivace, mais il s’érode.
 - Nous tiendrons. Notre liberté, notre chère liberté…
 - Peut-être trop chère. Je ne sais. Le peuple ne pourra pas se sacrifier éternellement. Je me dois d’être lucide.
 - Le peuple a plus de courage que beaucoup de nos notables ! Par crainte, par avidité, sans honte aucune, ils se tournent vers l’envahisseur. Quand je pense à Casabianca, à Matteu, à toutes ses grandes familles qui nous abandonnent… Mais vous ne venez pas me parler politique au milieu d’une tempête ?
 - Non. Juste de… Je dois envisager toutes les possibilités. Je dois prévoir mon exil. Et je dois penser à Felice, je ne peux le laisser ici. Il me faut parfaire son éducation, il faudra qu’il m’accompagne.
 - Comme votre père, vous partirez en exil et emmener un enfant loin de son monde… Vous tenez donc à m’arracher le cœur.
 - Vous avez gelé le mien. Et c’est d’abord au futur de cet enfant auquel je pense.
 - Vous direz quoi ? Qu’il s’agit de votre neveu ? D’un enfant trouvé ?
 - Pourquoi pas ? Mais il aura un avenir. Et pas celui de mourir la tête arrachée par un boulet.
 - Vous voulez m’arracher le cœur et mon fils. Quel choix ai-je ?
 - Comme moi, vous n’en avez guère, sauver notre enfant. Il faut que tout soit prêt. En cas d’urgence, il doit pouvoir partir dans l’heure, quitter le couvent et ses précepteurs sans délais.
 - Et le laisser à mes côtés vous l’avez envisagé ?
 - Les Français ravageront le pays et votre maison aussi. A moins que vous n’acceptiez de vous compromettre avec eux, ils ne vous feront aucun cadeau. J’envisage cette possibilité aussi. Cette trahison-là ne vous serait peut-être pas si terrible à vivre. Peut-être y trouverez-vous du plaisir. Vous y êtes sensible.
 - Comment osez-vous ! Comment…
Elle hurlait. Elle se jeta sur lui, prêt à le gifler.
Il la maitrisa d’un geste ferme, la forçant à s’assoir.
 - Je n’ai pas le temps pour ces enfantillages. Réfléchissez à la meilleure façon de procéder. C’est l’unique chose que je vous demande.
 - Je sauverai notre fils. Mais, qu’allez-vous lui dire ? Il n’est au courant de rien.
 - J’irai le voir et lui avouerai tout. Mais j’attendrai le moment le plus propice. Le vent se lève. Je dois m’échapper. Mes hommes m’attendent dans votre grange.
 - Partez donc. Il est probable que ce soit notre dernière entrevue.
 
Il se dirigea vers la porte la laissant sur sa chaise, le regard perdu dans les flammes. Il enfilait sa lourde cape quand il ajouta, dans un murmure rauque
 - Anna, il reste une possibilité. Venez. Venez avec nous.
 - Le souhaitez-vous ?
 - Le choix vous appartient. Je ne propose rien qui ne soit réalisable. Vous le savez. Interrogez-vous sur votre désir et non le mien. Et répondez à mes courriers à l’avenir, j’attends votre réponse.
 - Je ne jetterai plus vos lettres sans les lire. Vous ne m’avez pas dit où vous comptiez vous réfugier ?
 - Londres.
 - Londres… si loin, si loin…
Il la regarda une dernière fois et se faufila par la porte entrebâillée qu’il ferma soigneusement. Anéantie, elle resta un moment sans réaction. Un cri de révolte la secoua. Elle se précipita ouvrant la porte à toute volée, et courant dans la neige qui l’aveuglait, elle hurlait son nom. Ses larmes gelaient au bord de ses cils et ses cris se perdaient dans les gémissements du vent
Ils étaient déjà à cheval, emmitouflés, et prêt à subir le pire. Il se retourna.
 - Pasquale ! C’est du suicide, pensez à vos hommes et à vos chevaux ! La nuit tombe, c’est impensable ! Vous repartirez demain à la première accalmie. J’ai de quoi nourrir tout un régiment. Restez.
 - Je suis attendu à Merusaglia…
 - Ils attendront un peu plus. Ils comprendront.
Pasquale se résigna. Il suivit Anna sans enthousiasme et inquiet à l’idée de subir un long tête à tête acrimonieux.
Elle s’affaira un long moment installant hommes et bêtes en espérant limiter leur inconfort. Ce fut dans un silence pesant qu’elle servit le repas. Elle monta bassiner le lit froid et humide le laissant dans ses réflexions moroses.
Elle ne savait que penser. Ces choix irrémédiables lui étaient insupportables.
S’enfuir ou mourir arme à la main loin de son enfant. Elle serait au fond un bon exemple pour Felice. Mais en aurait-elle la force d’âme ? Elle se méfiait des lâchetés des derniers instants. De celles qui faisaient des héros de simples mortels suppliants et effrayés.
Son pas pesant fit sonner le plancher de châtaigner des escaliers. Elle se dépêcha de quitter la chambre. Mais en la croisant, il la saisit par le coude l’entraînant à sa suite.
Sans un mot, il l’écrasa contre sa poitrine et enfouit ses doigts dans les tresses de sa chevelure. Elle rejeta sa tête en arrière. Sa petite bouche mobile faisait un petit rond de surprise. Il y déposa un doigt léger, qui glissa sur sa lèvre supérieure et s’insinua entre ses dents. Il tira un peu plus fort sur ses cheveux la forçant à relever un peu plus la tête. Il écrasa sa bouche sur la sienne, l’empêchant de parler. Elle étouffa un gémissement. Son corps se dérobait à sa raison. Elle l’aida à relever les lourdes jupes, et guida sa main à travers les lourdes étoffes de lin. Ses doigts ne s’éternisèrent guère, se sentant trop impatient pour des caresses expertes. Il la retourna, la plaquant contre le petit bureau qui jouxtait son lit, et faisant passer ses jupes par-dessus tête, il libéra sa croupe, offerte, ronde, douce et blanche. D’un léger coup de rein, il s’insinua dans la fente pleine de promesse. Aspiré, il plongea dans son ventre brûlant. Elle agitait son bassin, obéissant à son rythme, et poussait des gémissements étouffés par les tissus qui l’enveloppaient.
Elle acceptait ce sexe qui la labourait et la faisait trembler. Elle agrippait les étoffes avec ses mains se crispant dans des sursauts de plaisir alors que le poids de l’homme qu’elle aimait l’écrasait de plus en plus. Il se lâcha enfin dans un cri rauque, restant en elle jusqu’au bout. Ils restèrent un moment sans bouger, dans cette position inconfortable.
Anna finit par se redresser. Face à lui, elle fit tomber ses jupes une à une, qui s’étalèrent en corolle à ses pieds. Elle ôta corselet et chemise et finit nue. Elle défit sa chevelure, dénouant ses tresses. Il l’observait en silence, installé sur le lit. Elle le rejoignit, s’installa à califourchon sur ses genoux. Il était fasciné par cette femme soudainement impudique, libre et insatiable. Son corps souple le dominait, ses petits seins se balançaient avec vivacité. Sa bouche s’activait, mutine et agile. Il retrouva rapidement une certaine vigueur grâce à ses caresses inventives. Elle se donnait, son désir était palpable et il cherchait à l’assouvir. Elle s’abandonna, oubliant toute retenue, criant son plaisir.
Le vent s’acharnait et la maison grinçait. Ils s’étaient réfugiés dans les couvertures malgré le feu qui ronronnait. Apaisée, elle caressait le ventre de son amant. Elle lui jeta un regard taquin :
 - Vous avez encore grossi, mon ami.
 - Ne vous inquiétez pas. Je crains que les événements à venir ne me fassent rapidement perdre du poids.
Anna resta un moment silencieuse. Elle finit par ajouter :
 - Je vous accompagnerai si l’exil vous est imposé.
 - Anna...Sans vous ce me serait insupportable. Je n’y survivrais pas.
 - On cherche à détruire tout ce que vous avez péniblement bâti. Comment supportez-vous ça ? Les Français ne cherchent qu’à dominer notre si petite Nation ? Quels avantages tireront-ils de notre pauvre richesse ? Je ne comprends pas…
 - L’orgueil, le pouvoir, l’envie… des terres et des ports. Se grandir pour paraître plus fort aux yeux de ses ennemis. Nous ne sommes pas vaincus. Nous continuerons à nous battre. Nous n’avons pas le choix. Mais je me dois d’envisager la défaite comme la victoire. Et je veux que vous soyez à l’abri et moi je dois rester vivant pour soutenir mon peuple. Et imaginez-vous là-bas en Angleterre ! Londres vous ouvrait ses bras. Vous iriez dans les théâtres et vous serez vêtue des plus belles étoffes. Tenez, peut être pourrions nous emménager dans un "cottage" avec vos chers chevaux. Et Felice serait instruit de la meilleure façon…
 - Je quitterai ma maison le cœur déchiré. Tu le sais. Le luxe d’une vie facile me semble une bien piètre compensation. Mais il y a une chose dont je suis certaine. Les Français n’auront rien… Je détruirai tout. Je vais donner à nos armées mes chevaux valides. Les autres… Quant à cette demeure j’y mettrai le feu. Rien. Tu entends ? Il ne restera rien. Personne, à par moi, ne dévastera cette maison.
 - Anna…
 - Il vous faut dormir. Demain une longue journée glaciale vous attend. Dormez mon ami. Dormez près de moi… Encore une dernière fois.
Elle moucha la chandelle et se pelotonna contre lui. Dehors, la neige s’accumulait.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...