Bloggu litterariu corsu

l'8 di Sittembre 2013 - scrittu dà - lettu 139 volte

Dieu que c'est beau


Moustelclimus, centre du pays.

Dieu que c'est beau
Bàrim se rend à la ville, en calèche, vendre ses dentiers. C’est de l’artisanal, du fort solide.
La capitale, centre névralgique du nouveau monde est une montagnarde avec les pieds dans l’eau.
Les arbres multi-centenaires se marient avec les buildings en fibres de carbone renforcés par de la résine de Sboub, un arbre aux vertus incroyables, et de joncs déstressés.
Chaque citoyen a droit à sa goutte d’eau purificatrice journalière, de la rivière « Go l’eau », ça dératise les intestins qu’ils soient grêles ou pas.
 
Bàrim, sous un entrelacs de fossiles fuyants, installe son étal. Beaucoup disent qu’il n’est pas utile d’aller contre nature, les humains n’ont pas de dents, pourquoi en mettre ?
Et puis où est l’utilité pour sucer des minéraux ?
Bàrim trouve juste qu’avec, les gens ont l’air moins cons. De plus, il gagne bien sa vie. Troisièmement, quand une femme joue de la flûte traversière (Dieu que c’est beau), elle peut le retirer et le mettre au frais.
 
Muslin (un client) :
 - J’ai un ami, en scierie, qui fait des « copeaux là », il s’intitule Francis Ford, et des bâtons ici.
Les gens lui reprochent de lâcher des gaz dans sa scierie… Le coquin, il ne suce aucun minéral, un principe. Il gobe des hamsters. D’où les gaz intempestifs à son insu, ça se comprend !
Bàrim :
 - Oui, ce sont des lois non écrites ! Mes dentiers mâchent sévèrement, c’est aussi leur nature !
Muslin :
 - J’en sais quelque chose, depuis que je me suis dentifié, je boulote de gros insectes !
Bàrim :
 - J’irais dans sa scierie, car les effets collatéraux peuvent s’amplifier, il se peut que d’ « amères loques » y trouvent prétexte à le punir !
Muslin :
 - Ah c’est le mal de notre ère calendaire, que de manges-merde, avec leurs yeux qui crient, il serait si simple de se contenter de faire reluire son existence, la simplifier quoi !
 
Isabella qu’elle est belle, même quand elle récure un cyclone à déjections elle est gracieuse, ça c’est de la référence ! Bàrim lui a fabriqué un nouveau dentier, digne de sa beauté tendance porcelaine.
Ils ont le même âge, entre 20 et 80 cycles, et ils se parlent avec les yeux, ça brille !
Et lui il est tombé en esclavage, de ce sourire de ce visage et il lui dit :
« J’ai ton dentier ! »
Les dents pour elle ont de la valeur, pour lui c’est sur elle est… bonne, et encore elle n’a pas de persiennes.
Isabella affiche son sourire dernière monture… Dieu que c’est beau !
Bàrim veut voir la flamme qu’il va lui déclarer briller dans ses yeux noirs, pour les cycles et les cycles.
Le problème, de taille plus que moyenne, c’est l’emprise exercée par sa tribu sur Isabella.
Elle doit ménager moult poussières et faire la collecte de minéraux… Elle fait la lionne quoi… Elle doit aussi se prostituer pour récolter des bribes du trésor des oubliés (en or) pour le compte no limit de la tribu.
Mefistõ, son maître directif, la suit toujours de très près. Un sale tueur de sang froid aux yeux d’un violet pas humain, un bourreau sans conscience, un vampire.
Bàrim ressent les éclairs violets envoyés par Mefistõ, Isabella se pétrifie, elle sait qu’elle est prisonnière.
Cet amour réciproque avec Bàrim, maintenant évident, ne lui permet plus de supporter sa condition d’esclave totale.
Bàrim est résolu à braver sa peur et à affronter ce démon.
Bàrim (enlaçant Isabella) :
 - Mefistõ, Isabella est libre désormais, nous nous aimons ! Personne ne pourra jamais rien y changer !
Mefistõ (rires métalliques) :
 - Bàrim tu es mort ! Isabella je vais t’amputer ! Un tronc qui fera des pipes avec des yeux crevés… Voilà comment tu vas finir tes cycles ! (rires métalliques)
Mefistõ s’évapore dans le néant…
 
Les amoureux montent dans la calèche, ils se rendent dans un lieu secret seulement connu de Bàrim.
Une grotte dans une paroi rocheuse au dessus de la mer. Il allume un feu et va pêcher quelques poissons, les fait rôtir au-dessus de la braise (Dieu que c’est bon).
Il la déshabille, elle le déshabille, son magnifique corps est parsemé d’entailles faites au couteau, il caresse ses fesses mates et bombées au grain de peau euphorisant, en lui aspirant délicatement la langue.
Elle prend les choses en main, le branle de l’une et se caresse de l’autre… Il voit enfin la susdite flamme briller dans les yeux d’Isabella d’où perlent des larmes de bonheur.
 
Première fois que leurs corps fusionnent, pourtant, ils maîtrisent leur désir explosif et évoluent dans la douceur et le raffinement pendant deux bonnes heures… Ils font l’amour jusqu’aux premières lueurs de l’aube.
Au petit matin, derniers coups de reins en levrette, appuyés au rocher qui surplombe la mer. L’air iodé leur fouette la peau, des oiseaux chantent, plus bas, des dauphins transpercent les facettes d’une mer vert sombre et dorée.
Ils se rendent au cœur de la forêt, au domaine de Bàrim.
 
Tout a brûlé, ses animaux ont été crucifiés aux arbres. Isabella repère les traces des santiags de Mefistõ, trois 6 biens marqués. Il récupère des armes planquées dans un tronc.
Bàrim :
 - L’enculé ! Je vais le tuer, sinon nous ne pourrons jamais nous aimer sous une étoile où dans un vieux grenier !
Isabella :
 - Faisons l’amour avant de nous dire, on va le crever !
Bàrim :
 - Non j’agirais seul…
Isabella (lui coupant la parole) :
 - Tu es ma vie. Ma vie avant toi c’était : Avec un ciel si bas qu’un connard m’a tondue, avec un ciel si bas qu’il m’a pulvérisée, avec ton pur amour je me suis révélée, écoute le frémir, ce nouveau cœur qui est le mien !
Bàrim :
 - Oui mon amour, nous agirons ensemble, nous allons éviter de faire trop de tactiques au détriment de la stratégie ! On va sélectionner nos armes !
Isabella :
 - Oui mon amour ! Je vais te parler de ses forces et de ses faiblesses ; il a une force surhumaine, il cicatrise instantanément, il crache de l’acide, c’est un expert en maniement d’armes blanches !
Bàrim :
 - Fichtre !…
Isabella :
 - Ses points faibles, il ne sait pas cuisiner, il est éjaculateur précoce !
Bàrim : Ah oui, très intéressant !
Isabella :
 - J’allais oublier, une lumière directe dans les yeux le met hors d’état de nuire quelques instants !
 
Armés, ils se rendent à Mousteclimus. La ville bouillonne, prend le bouillon, resplendit.
Tout paraît beau dehors et est (pratiquement tout) moche dedans.
Brochures volantes, pas de tickets de métro (normal), le sol est stratifié. Quand du sang y coule ça fait artistique.
 
Au beau milieu de la place des martyrs la calèche s’arrête. Pas un chat à la mi-août ! Une musique enveloppe jusqu’à tout dominer : l’homme à l’harmonica d’Ennio Morricone dans il était une fois dans l’ouest.
Un écrivain, caché derrière une fontaine, immortalise les instants qui précédent et qui vont suivre, sur une toile de lin (de qualité) tendue sur un châssis de bois.
Il commence par "Je", histoire de tuer d’un trait le reste de l’humanité, un écrivain quoi, il y décrit l’atmosphère plombée bien que volatile où il règne comme une démence.
La place se teinte de violet, l’air se glace, un rire métallique accompagne un instant l’harmonica.
Bàrim et Isabella ressentent ce sentiment troublant de quitte ou double, peur et adrénaline euphorisante. Mefistõ surfe sur un courant, le voilà raide comme une saillie, regard violet, sabre japonais pouvant trancher les moustiques en deux…
La musique, la luminosité douce et grave, les destins des combattants, Dieu que c’est beau.
Mefistõ :
 - Vous combattez à deux, comme c’est touchant ! Toi salope, je vais t’alléger de tes membres ! Toi l’abruti, je vais mettre ta tête sur un pic et l’exhiber dans toute la ville !
Mefistõ s’élance, son sabre fend l’air provoquant un bruit cristallin et métallique.
Bàrim sort ses deux poignards crantés sur le dessus, pour déchirer et retarder la cicatrisation du dément. Isabella se tient légèrement en retrait, un fouet frotté à l’ail dans une main, une hache en argent dans l’autre.
Les abords de la place sont désormais noirs de monde…
 
Mefistõ arrive près de Bàrim, son coup de sabre est bloqué par les poignards, des étincelles montent à 15 mètres de haut. Il exécute un triple saut au-dessus de Bàrim, Isabella lui envoie un terrible coup de fouet qui lacère la partie gauche de son visage…
Les clameurs montent dans la foule, des encouragements sincères pour galvaniser le couple.
Dans sa descente il tranche net le bras gauche d’Isabella, gerbe de sang, cris horrifiés de la foule.
Bàrim lui envoie un poignard qu’il dévie d’un revers de bras, Isabella lui plante sa hache jusqu’à la clavicule. L’argent ralentit sa cicatrisation.
Il crache de l’acide, Isabella évite, mais ne peut se soustraire au sabre qui lui tranche le bras droit.
Bàrim lui envoie un terrible coup de tibia de bas en haut, sous le menton, il a l’air entamé, la foule gronde d’excitation, l’écrivain immortalise toujours…
Mefistõ effectue des roues en arrière, Bàrim récupère son deuxième poignard, Isabella est immobile au sol.
De nouveau le rire métallique, il revient pour porter l’estocade. Bàrim est en position, Mefistõ fond sur lui en faisant tournoyer son sabre. Isabella se lève, retire l’armature qui actionnait les bras factices, calcule bien son angle par rapport au soleil et envoie son boomerang miroir.
La réverbération aveugle momentanément les yeux violets du dément, Bàrim lui plante ses poignards dans les yeux, le hurlement est incroyablement terrifiant. Ils reculent pour éviter l’acide qu’il crache partout. Bàrim lui décoche un terrible direct qui l’allonge, Isabella se libère à jamais de son bourreau en lui plantant un pieu dans le cœur, la foule hurle de joie… Dieu que c’est beau !
 
Quelques jours plus tard, de la mer, pendant qu’elle fait parcourir sa langue sur sa queue, il regarde leur magnifique habitation qui surplombe la crique, offerte par la ville, où ils accueilleront leurs futurs enfants pour les cycles et les cycles…


              



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