Bloggu litterariu corsu

u 13 d'Aprile 2014 - scrittu dà - lettu 260 volte

Diane Lanster


Insolite objet littéraire que cet ouvrage haut en couleur et pourtant infiniment sobre et sombre qui m’avait été très vivement conseillé et offert par une amie, avec moult difficultés, il est vrai, tant le livre, pourtant paru en 1978, et couronné par le Prix Interallié, est aujourd’hui étonnement introuvable en librairie.
Né de la plume du romancier Jean-Didier Wolfromm, ce roman, partiellement autobiographique, nous compte avec beaucoup d’introspection la vie de Thierry, le narrateur, jeune homme timide doublement handicapé par sa poliomyélite et par une lourde maladie de peau chronique en lien avec un comportement allergique.
En de telles conditions, et tandis que le renoncement à la vie transparait continuellement à travers ces lignes fluides et très mélancoliques au point de le condamner à l’existence terne d’un reclus introverti, seule la passion artistique le guide dans ses choix de vie, et c’est tout naturellement qu’il suit des courts de dessin.

Là, il y rencontre une jeune fille, Diane Lanster qui parait s’attacher à lui. Le contraste entre cette authentique déesse de perfection et d’inaccessibilité, et ce jeune homme maigre qui ne cesse de se définir comme imparfait, misérable, et indigne d’inspirer des sentiments autre que de pitié est saisissant. Le paradoxe a d’autant plus de poids que Thierry ne hait rien de plus que la pitié qu’il inspire auprès de son entourage, allant jusqu’à fuir tout ce qui pourrait ressembler à de la compassion pour ses handicaps en oubliant ce qu’il est vraiment, faisant passer la maladie avant l’homme. Ainsi, le choc est d’autant plus fort de constater que pour la première fois de sa vie, une femme lui témoigne de l’amitié sincère qui n’est en aucune façon de la pitié.
La relation amicale entre les deux jeunes gens devient plus profonde de page en page, et Diane la déesse introduit toujours davantage son ami dans son univers ; une plongée où prédominent tour à tour des sentiments de chance inespérée, et de craintes diverses, notamment celle d’être abandonné. On fait ainsi la connaissance de Nadine, une amie actrice de Diane, dont le caractère, très joyeux, expansif, et libéré, est à l’exact opposé de celui de Diane, beaucoup plus réservée, dont le seul point commun semble être l’affection dépourvue de pitié qu’elle se met à porter à Thierry.
Les cours succèdent au cours et les jours aux jours, dans ce roman qui prend parfois des allures de longs monologues s’adressant à Diane Lanster, évoquant à mes yeux les chapitres de « Où j’ai laissé mon âme » de Jérôme Ferrari où le lieutenant Andreani interpelle "son capitaine" Degorce. S’y perpétuent les joies, les peines, et les désillusions parfois.
Quelques instants qui subsistent dans les mémoires ; Nadine qui joue Tchekhov, dont le ton ressemble énormément à l’ambiance générale du livre, ou encore les vacances à la mer, incroyable moment de légèreté, où Thierry s’essaie péniblement aux bains de mer. Pourtant, plus qu’un roman d’action, c’est un authentique roman initiatique moderne que nous avons là, où les ambiances, décrites dans un style touchant d’intimisme, sont parfois plus importantes que les faits.
Les vacances achevées, Thierry et Diane continuent leurs études, en classe supérieure, mais Thierry s’enlise dans cette relation qui reste désespérément platonique sans jamais oser exiger plus de celle qu’il aime plus que tout d’un amour sincère, couplé à une jalousie à l’encontre des hommes qui s’approchent trop de son idole.

En dire davantage risquerait de gâcher le suspens de la lecture, et c’est avec force que je me retiens, mais c’est là un magnifique roman intime, tranche de vie sans grand relief et pourtant contée avec style et talent que l’on ne peut fermer sans être bouleversé. Sans aucun doute, un grand roman.


              


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Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...