Bloggu litterariu corsu

u 25 d'Aprile 2013 - scrittu dà - lettu 188 volte

Dans l'eau de l'âme


Dans l'eau de l'âme
L’eau n’en finit pas de couler sous les ponts, métronome du temps qui s’égraine. La ville dort. La nuit sinistre irradie la tension, et, sous son aile froide, semble tisser sa trame.
Au matin il fait gris, de ces gris qui laissent un goût métallique. Il se lève, les yeux vitreux, l’esprit noyé, tellement à l’envers qu’il se croit porté par son costume, un robinet ouvert, le filet d’eau se perd.
Rituel récurant, café amer, radio, une info chasse l’autre, passé vaseux, pas d’avenir, de l’amertume. C’est le présent qui le tient par les burnes.
Son devoir l’appelle, il sort. Dehors il pleut des cordes, et il s’y pendrait bien, journée morbide, l’oreillette vissée il marche : « Allo ? »
Tout tombe à l’eau, encore un jour absurde, il a tant négocié, tenté de sauver la tête de cet employé. Ce père qui devant lui a dit à ses enfants : « Bientôt papa vous achètera un cadeau ! »
Stupide perte de temps ont ricané ces vaniteux aux mentons suintants de graisse, seulement contrariés de ne plus voir leurs verges quand ils s’en vont pisser ; qu’un tsunami les emporte, qu’il absorbe les soixante pour cent d’eau qui les constituent, le reste de leurs corps, excréments remplissant ces sépulcres blanchis, que tout soit englouti au fin fond d’un abysse d’oublie.
Ses idées sont bancales, il traverse la route,… fracas brutal… taule froissée… lueur blafarde, puis le vide, le néant…
Et enfin… l’eau, à perte de vue, univers bleu de pureté !
Il survole la mer, tantôt à grande vitesse, puis à l’arrêt total. L’air n’a jamais été aussi délicieusement frais et iodé, les fonds marins, dont il distingue le moindre poisson et le moindre grain de sable ainsi que des oursins agitant lentement leurs épines de manière arythmique, n’ont jamais eu de couleurs aussi pures.
Chaque centimètre carré lui évoque mille sentiments et des voix familières, comme des murmures, se font de plus en plus nettes.
Le long de la falaise au dessus de la citadelle arpentant chaque recoin de rue, chaque instant est une éternité et pourtant ce qu’il doit atteindre lui semble si proche.
Au dessus des jardins entre les branches des oliviers, dont les fruits gorgés de soleil s’agitent au doux libecciu, il sent les effluves anisées du fenouil, du myrte, de l’herbe perlant de rosée.
Plongeon de la cime des pins immenses, d’où filtrent des raies de lumière entre les troncs, éclairant des fougères dont l’ombre portée se projette sur des petits rochers ronds recouverts de mousse, avec cette odeur diffuse et spécifique de la noble montagne, fraiche et sauvage, ambrée et fruitée.
Lentement, au dessus d’une rivière, où l’eau n’a jamais été aussi claire, les reflets et les ombres sont plus vibrants que dans les tableaux de Monet.
Là haut, vers Bavella, il effleure un mouflon, fier, bien campé sur ses pattes, les aiguilles rocheuses en arrière plan.
Des étendues odorantes d’immortelles arborent des milliers de petits soleils or, une petite bergerie abandonnée lui insuffle une nostalgie douce.
Chaque centimètre parcouru sur cette terre est empreint d’histoires. Du petit port de Centuri, aux lacs de la Restonica, puis tout au long de la côte ouest découpée, qu’il est libre sans corps!
Il achève son périple dans l’eau, son corps n’est plus là, il n’en reste que l’eau.
Il se dilue au large et retrouve les siens, enfin libre et serein, demain évaporé, puis répandu sur terre, au gré des vents, au gré du temps, pour retourner en mer; avec toujours à ses cotés ces âmes, « ouvre-toi » ressent-il, en cycles libres et fluides, ses molécules comme des prismes transparents où rien ne se devine, car tout est évident.
Un soir, son amour, seul devant une lumière blafarde sent perler une larme. Elle la laisse glisser, l’âme à l’œil. Une chaleur douce l’envahit, un peu de lui en elle et un peu d’elle en lui.
Sa lumière blafarde reprend de la vigueur, lui a repris contact, par le flux du hasard. Il sait que leurs destins se rejoindront, ici, sur une fleur sauvage, dans une flaque claire, ou prisonniers des glaces d’une lune jovienne. Peu importe, ils seront réunis à jamais.
A mesure que son âme s’amenuise, son corps émerge. Il ressent des picotements aux yeux, et aux creux de ses mains.
Le fluide se répand, il revient à la vie et sa main dans la sienne, douce et réconfortante, ils se font un serment, leurs yeux perlant de l’âme, et ses cris qui ne sortent pas, …. même le cri d’un oiseau au dehors est glaçant…
Electrocardiogramme……. Froissement de drap blanc….. Tiroir qu’on referme…
Il survole la mer, apaisé et patient. Le plan d’eau, un miroir, un visage dedans, son amour éternel, désormais est latent, elle l’attend ! De l’eau de l’âme, on le sort de réa. Il se retrouve dans une chambre, seul, avec vue sur la mer. Dehors un grand soleil, son amour est parti il y a cinq ans, il se sent apaisé, il l’a vu un instant. Elle était douce et belle, il le sait, elle l’attend.


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...