Bloggu litterariu corsu

u 5 di Farraghju 2013 - scrittu dà - lettu 454 volte

Critique de 'la table du Titanic'

par Xavier Manente. (Ed. Alma) - 40 recettes avant l'iceberg


Critique  de 'la table du Titanic'
En batifolant dans les allées du salon de Paris l'an passé , alors que la faim me tenaillait, je me jetai sur ce petit ouvrage. A défaut de me contenter de nourriture terrestre, je me satisfis des menus gargantuesques proposé à bord de ce Cyclope des mers .
Pardonnez-moi cette comparaison un peu facile, mais ce géant dont l’œil unique fut crevé par Ulysse, le représente assez bien...
 
Un livre de cuisine de plus, me direz vous...
Pas tout à fait.
D'abord il est petit, tient dans la poche et il est ravissant.
Sa couverture, illustrée par une reproduction de la mosaïque nous interpelle. Et c'est le carton du menu qui nous présente titre, auteur et édition.
Un petit signet est fourni, sur lequel est imprimé le glossaire culinaire employé dans les diverses recettes. Cela sonne comme une litanie, une liste à la Prévert.
 
Ce condensé d'histoire est comme une photographie de la société anglaise avant la première fin du monde, une sorte de coupe transversale laissant voir les strates qui régissaient l'Angleterre Edouardienne, comme une tranche de gâteau de l’hôtel Waldorf. (je vais revenir à cette monstruosité lipidique)
Nous apprenons au fil des pages, comment s'organisait la vie à bord...De la marchandise transportée (ah oui, l'auteur, Xavier Manente, aime les listes à la Prevert) à la décoration des cabines de première classe, de la liste (et oui encore...) du personnel du restaurant à la celui des divers services de table, des bagages de Madame la Comtesse de **** aux formalités sanitaires...
On nous raconte ainsi l'histoire de la compagnie maritime, des courses entre paquebots rivaux, le tout avant cette guerre qui d'ailleurs employa la plupart des navires comme transport de troupes.
L'un des trois sister ship du Titanic finit ainsi, en coulant en 1916 sur une mine en 55 min..
Le dernier des trois frères fit une carrière bien plus longue (après avoir été revu de fond en comble...)
 
Cette histoire nous fascine, parce que c'est l'histoire des migrants (à rapprocher de cette pièce de théâtre incroyable, le « Novecento »d'Alessandro Baricco, histoire de cet homme né à bord et devenu pianiste,qui ne descendit jamais de son bateau. ) et parce que ce naufrage, entré dans notre imaginaire, est devenu mythique mais nous pouvons observer tout éberlués les vestiges de ce qui nous paraît si irréel.
 
Ce livre est ainsi. Le menu première classe de leur denier repas se déroule, interminable, avec onze services (onze services...rien qu'avec l'entrée je tiens une semaine) et l'auteur nous réjouit en y incorporant quelques unes des recettes dont les privilégiés purent se régaler avant de ..mourir.
 
Pris au hasard :
 
caneton rôti et sa sauce aux pommes
pigeonneau rôti sur lit de cresson
gigot d'agneau sauce à la menthe
Gâteau de l hôtel Waldorf  
 
 
 
Mais on nous régale aussi du dernier menu des secondes classes...7 services tout de même !
 
Curry de poulet
Agneau de printemps sauce à la menthe
Plum pudding
Glace americaine
Haddock au four sauce piquante
etc,...
 
Et même quelques petits plats de troisième classe
 
Potage au riz
Rôti de bœuf sauce brune
Pudding sauce cassonade
...
 
les troisièmes classes mangeaient pour la plupart mieux à bord que chez eux, ce qui leur permettait de prendre quelques forces avant de s'installer dans un monde nouveau, alors qu'ils débarquaient avec leurs maigres moyens de subsistance .
 
L'auteur conclut par ces quelques mots que je vous reproduis in extenso:
« En confectionnant ces plats que vous dégusterez comme le firent, il y a un siècle , les passagers du HMS Titanic, vous accomplirez non pas la visite figée, purement visuelle d'un musée, vous éprouverez une expérience vive, mettant en jeu vos cinq sens, l’ouïe la vue, l'odorat et le toucher.
Ces menus vous rapprocheront d'un moment vécu sur ce transatlantique.
Vous imaginerez le luxe, la peur, le naufrage et le plaisir du dernier dîner.
Tout plaisir pouvant être le dernier, autant le vivre pleinement. »
 
Je voulais clore sur cette phrase, mais soudainement m'est revenu en mémoire un autre naufrage, qui hantera  Melville et qui lui inspira Moby Dick: celui d'un baleinier, l'Essex. Il fut coulé par un cachalot -ah la mer et ses histoires véridiques et fantasques- et ses derniers survivants agglomérés dans un canot , tiraient de temps en temps à la courte paille pour décider qui allait être dévoré...
Leurs repas étaient moins gourmands, je pense.
Il était un petit navireeeu
Il était un petit navireeeu....

-----------------------------
 
-Novecento ou la legende du pianiste sur l'océan 
Piece d'Alessandro Baricco
Film de G. Tornatore.
 
- Herman Melville
Moby Dick


              


Negru | Rossu | Biancu | Ghjallu | Critica | Feuilleton




Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...