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u 28 di Dicembre 2013 - scrittu dà - lettu 288 volte

Conte de Noël


Conte de Noël
Enfin ! J’y étais. J’avais parcouru un long chemin, traversé quelques continents, affronté tempête et froid glacial. Mais enfin, j’y étais. J’y croyais dur comme fer, il faut l’avouer. J’étais certaine de le trouver. La foi déplace les montagnes, n’est-ce pas ? Et j’avais atteint mon but. Je n’avais vécu que pour cet instant-là. Enfant, je savais qu’un jour je le rencontrerai. Je l’avais affirmé haut et fort, la plupart du temps, je récoltais des quolibets et mes camarades me rejetaient du fait de ma croyance, si fortement ancrée dans mon âme ; je priais tous les soirs, pour que mon rêve insensé se réalise. J’ai appris aussi à me taire en grandissant, à cacher mes sentiments, mes rêves et mes aspirations. Mais je travaillais toujours à réaliser ce qui me tenait à cœur. Plus je grandissais et plus ma détermination augmentait. Jusqu’à aujourd’hui.
 
La neige glacée craquait sous mes patins. La nuit était quasi permanente, une espèce de vague lueur heureusement reflétée par la neige éclairait mon chemin jusqu’à cette improbable demeure. Elle ne paraissait pas immense, mais plus mon ski-doo avançait, plus elle dévoilait son étrange complexité. Deux corps de bâtiment se détachaient dans cet espace désolé. Une bâtisse longue assez étroit à un seul étage et fonctionnelle, probablement agricole, et l’autre une espèce de petite folie, avec clocheton et tourelles minuscules, des entortillaminis de colonnes, des petits nains qui décoraient un petit jardin parés de fausses plantes sculptées dans de la glace et éclairées par des lumières aux couleurs acidulées. Le perron n’était qu’une sorte de gourmandise géante entre pain d’épice et chocolat, avec une couronne de houx aux grains d’or et feuilles d’argent.
 
Je me suis émerveillée devant le sapin. Un vrai sapin, vivant, qui devait avoir un millier d’année, il était une forêt à lui tout seul. Sa majesté lui suffisait, mais en cette période, on l’avait revêtu de bijoux de métal précieux et de pierres de toutes sortes, des rivières de diamants en guise de guirlandes, des boules incrusté de pierreries, et une étoile, peut être un météore, qui luisait tout la haut, fichée dans l’extrémité.
 
Timidement, je toquais à la porte. Le heurtoir était un petit Père Noël en cuivre poli, étrangement moderne, rond et harmonieux. En scrutant attentivement, je distinguais une signature, un "Brancusi" apposé discrètement. Un cadeau du maître probablement.
 
J’attendis fort peu. La porte s’ouvrit d’elle-même en grand sur une entrée spacieuse. J’entendis une voix de basse m interpeller et me dire de m’avancer en lançant un « entrez, entrez » joyeux et convivial. J’y étais, j’y étais !
Des pas lourds furent suivis de son apparition. Il était comme on l’imaginait, gras, vêtu de rouge, un sourire affable, des petits yeux bleus plein de malices et bienveillants, une paire de lunettes demi-lune au bout de son nez rond, une chevelure intact et sa barbe blanche parfaitement taillée et soyeuse. Ça sentait bon l’encaustique à la cire d’abeille, le bois, le chocolat et le pain chaud. Je le suivis jusqu’au salon, dans lequel un feu d’enfer crépitait joyeux et rassurant. De gros fauteuils moelleux nous accueillaient. Je m’y vautrai, offrant ma face encore gelée à la chaleur de la cheminée.
 - Vous venez de loin et vous êtes transie, affamée et épuisée. Ça fait un petit moment que je guette votre arrivée. Des que quiconque entre sur mon territoire qui s’étend bien plus au sud, je suis prévenu. La plupart du temps je refuse toute visite. Mais, vous avez fait preuve de tant de ténacité de tant de volonté que je n’ai eu le cœur de vous renvoyer. Vous faites partie de l’extrême minorité à avoir pu pénétrer dans ma demeure. Bienvenue chez le Père Noël !
 - Je dois vivre un rêve… Je suis époustouflée. Votre jardin, cette maison… Tout est merveilleux. Mieux que dans les contes. Votre sapin m’a subjugué.
 - Un peu tape à l’œil. Je le préfère nu. Mais mes nains refusent de déroger à la tradition.
 - D’où vous viennent tous ces trésors ?
 - Des dons au fil des ans… D’habitude ce sont des chocolats ou un verre de lait, mais parfois on m’offre comment dire, des choses moins périssables. Mais je manque à tous mes devoirs. Vous devez être morte de faim
 
Après un copieux en-cas nous devisâmes tranquillement jusqu’à ce que je lui pose la question fatidique, en surmontant toute mes résistances. Je pris mon courage à deux mains et lui parlais du Noël de mes quatre ans : pourquoi n’avais-je pas eu la poupée tant rêvée ? Celle qui marchait, parlait, buvait son biberon et faisait pipi ? Cette ravissante poupée blonde que toutes mes amies avaient eue ?
 - Parce que vous avez été insupportable cette année-là. Vous embêtiez vos camarades, étiez insolentes avec vos parents et vos professeurs, faisiez des crises et caprices un peu partout… Vous vous preniez pour la petite reine. Suite à mon refus d’ailleurs, j’ai constaté une nette amélioration chez vous. Et vous avez fini par devenir cette charmante jeune femme que voilà.
Ce faisant il posa une main enjôleuse sur mon genou et commença une longue remontée vers ma cuisse. Il me laça une œillade sans équivoque.
 
À ce moment précis me revint le souvenir de la cuisante déception de cette nuit de Noël où pour tout cadeau, j’avais eu une photo de ma poupée avec un « sois plus sage » écrit en lettre dorée… Je le laissais faire, sa main glissait et se frayait un chemin entre mes cuisses. Il s’y affairait avec pugnacité. Puis il finit par m’attirer à lui et m’embrassa à pleine bouche. Je profitai de son moment d’égarement pour saisir un ciseau qui traînait et le lui planta dans le dos. Et puis dans son ventre et puis dans son cœur et puis à taillader son visage et arracher sa barbe, crever ses yeux. Il fut pris de tremblement en mourant, mais il finit par cesser de bouger alors que je tranchai son sexe.
 
J’avais enfin accompli ce qui me taraudait depuis de longues années. La vengeance est un plat qui se mange froid. Mais je ne regrettais rien.
Il me restait une tâche à accomplir. Ce fut assez pénible et long de le dépecer, de transporter le corps, de transformer sa chair, mais je ne manquais ni d’audace ni de ruse.
 
 
La fête de Noël se déroulait dans une parfaite bonne humeur, les enfants de l’école couraient partout, le barbecue fonctionnait à plein régime et les saucisses grillaient dans un délicieux grésillement.
Un gamin vint me voir en léchant ses doigts luisant de graisse, et me dit, sincère et heureux
« Maîtresse je n’ai jamais mangé de sandwich à la saucisse aussi bon ! »
Je lui ai caressé les cheveux en lui murmurant qu’il pouvait manger tout son saoul que tout ceci était pour eux et que moi je m’étais régalée en les entendant chanter Petit Papa Noël aussi bien.
 
En murmurant cette dernière phrase, je savais que c’était la dernière fois qu’on m’imposait ce supplice épouvantable.


              



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