Bloggu litterariu corsu

u 23 di Farraghju 2013 - scrittu dà - lettu 274 volte

Chuchpenchion d’audienche


Chuchpenchion d’audienche

(Le juge appelle Didier Pollet à la barre.)

- Monsieur Pollet, je vous écoute.
- Oueche m’sieur le juge, moi j’vous dis, on était tranquille, à fumer un bedot au coin de la rue ac’ Fredo. Oueche, j’nie pas, on fume, mais on fait pas d’mal. on est des jeunes, rien de méchant pas de la kaïera. Sur ma mère et celle de Fredo surtout.

(Pollet se retourne vers Fredo, resté dans le box des accusés, qui ouvre la bouche)

- Ma mère elle te nique Pollet, et moi che nique ta mère.

(Eclats de rire de Pollet. Rappel à l’ordre du juge qui frappe avec son marteau.)

- Pas d’insulte dans mon tribunal, où je vous colle un outrage. Monsieur Pollet et monsieur Balloni encore une fois et vous assisterez à votre procès depuis une cellule à Fresnes.
- D’accord.
- Ok M’sieur le juge.
- Maintenant reprenons. Monsieur Pollet, la cour vous écoute.
- Comme j’le disais, on glandait dans la rue, quand l’autre grande tarlouze est arrivée avec sa tepu décolorée. Quand ils arrivent, je bouge un peu, et je le bouscule, histoire de rigoler un peu, mais il s’est mis à gueuler après nous. Il nous a traité et sa pute aussi. Il était comme un ouf ! j’sais pas si c’était pour faire le kakou devant sa meuf, ou quoi.
- Les faits Monsieur Pollet, allez à l’essentiel et évitez d’employer des termes trop grossiers.
- D’accord Monsieur le juge, mais bon j’ai pas été trop à l’école, et dans la rue vous savez, non vous devez pas savoir cause vous parlez comme au journal de TF1, et bien les fréquentations c’est pas les mêmes qu’à Neuilly. Bon j’continue, le mec, long comme une queue à la sécu, voilà qui se met à gueuler, et nous traite de “sales impertinents”. Moi j’savais pas ce que ça voulait dire, alors j’ai vu rouge et j’m’avance, je le repousse et j’lui dit d’aller sucer sa mère et que j’vais lui défoncer sa chetron. Mais j’sais pas s’il avait tapé une ligne de coco avant, mais voilà qu’il m’cherche les poux, ce grand con, il m’envoie une mandale. J’vous jure j’ai même été surpris, Monsieur le juge. Vous m’voyez, j’suis bâti plutôt comme un gladiator moi, et vous le voyez lui, alors ça m’a surpris. J’étais même sur le point de le laisser filer, après juste quelques claques, mais c’est l’autre con de Fredo qui s’est foutu de ma gueule. Il m’a dit “vach’y tends l’autre choue, mauviette de ch’ti”. Prendre une gifle j’m’en fous, mais...
- Didier chur ma mère chi tu continues à te foutre de moi ch’te nique ta gueule de ch’ti de merde !
- Monchieur Bolloni taichez vous, taichez vous... taisez-vous je veux dire. Continuez Didier, pardon monsieur Pollet.

(Le public est mort de rire. Didier se tourne vers lui et en levant les mains demande une standing ovation pour le juge. Le public se lève et applaudit. Le juge frappe à plusieurs reprises et exige le silence. Il demande aux policiers de faire rétablir le calme. 5 minutes plus tard le calme revient.)

- Reprenez je vous prie.
- J’disais qu’il fallait pas me traiter de mauviette de ch’ti. Sur ma mère j’suis un bon gars du Nord et j’en suis fier, j’étais véner, contre Fredo, contre l’autre tarlouze, contre la tépu et sa paires de seins. Et j’l’ai tapé, dans sa gueule, le grand connard. Putain le sang a pissé de suite de son nez. Oueche il est tombé comme une merde, sur son cul. Sa meuf s’est mise à brailler comme ces petits chiens à la con qui aboient après les gens et vous cassent les couilles. Alors j’l’ai frappée aussi. pas dans la gueule, elle, je respecte les femmes, monsieur le juge. Juste dans le ventre, l’avantage c’est que ça lui a coupé le son, aussi sûr qu’un gun coupe le sifflet à une balance. Et donc nous voilà Fredo et moi, face à ces deux cons au sol, le mec assis à chialer comme une gonzesse, se tenant le pif. Sa meuf pliée en deux, en train de gerber.
- Monsieur Pollet, vous rendez vous compte de la violence de vos coups ? Vous rendez vous compte que ces gens ne vous avez rien fait ?
- Pt’être monsieur le juge, mais bon ils avaient pas d’humour.
- Vous pouvez vous rasseoir, monsieur Pollet, je vais écouter la déposition de monsieur Balloni. Monsieur Balloni, venez à la barre et racontez nous ce qui est arrivé ce soir du 11 septembre 2001.
- Monchieur, le juche, moi che ché pas trop bien parler et ...

(Nouvel éclat de rire dans la salle. Le juge sait qu’il n’arrivera pas à terminer les débats avec ce problème de chuintement de Fredo Balloni et que ça deviendrait difficile. Il attendit sans rien dire que les gens se calment d’eux même.)

- Allez-y, et faites vite.
- Bon, comme l’a dit Didier, le type et cha meuf arrivent vers nous. Didier ch’est mis devant et a bouchculé le type qui ch’est mich’ à rouchpéter. Moi ch’ai juchte fait un private tchoke. Mais Didier ch’est énervé et alors ch’est dur de l’arrêter. Alors il a cogné comme il vouch’ a dit.
- Et vous qu’avez vous fait ? Vous n’avez pas tenter de l’arrêter ? Au moins pour lui éviter des ennuis ? Avez vous, vous même frappé l’homme ou la femme ?
- Vous le connaichez pas Didier, quand il est véner. Faut pas ch’approcher. En pluche quand il fume un chichon il devient un peu parano. Et non ch’ai touché perchonne, chur la tête de ma mère de mes chich choeurs et de la Vierche Marie.

(Balloni se signe. Dans la salle, sa mère et ses six soeurs se signent aussi. Le juge pouffe de rire et se cache le visage derrière sa manche. La salle aussi rit en sourdine.
Après avoir retrouvé un semblant de calme, le juge interroge à nouveau Balloni.)

- D’accord vous n’avez pas frappé ces deux personnes, mais c’est vous qui avez eu l’idée de violer la femme.
- Oui, monchieur le juche. Quand elle ch’est baichée...

(il regarde les gens qui pouffent de rire)

après le coup de Didier, cha chupe ch’est relevée....

(nouveau regard vers la salle et le juge)

et ch’ai vu qu’elle n’avait pas mis de chtring....

(regard vers Didier écroulé de rire).

Du coup ch’ai eu la trique, che chuis italien....

(son regard implore le juge de mettre fin à son calvaire)

Alors che l’ai pouchée...  

(il se tait quelques secondes)

entre deux poubelle et che l’ai baichée....

(Nouveau regard vers le juge qui se cache derrière sa manche).

Comme elle avait le chouffle coupé, elle a pas pu crier.

(Les larmes coulent le long des joues du juge qui tente non sans mal de dissimuler ses rires. Dans l’assistance c’est la foire, à chaque chuintement les rires fusent. Fredo s’interrompt, à chaque éclat. Didier le regarde l’air heureux.)

- Monsieur Balloni ….. vous êtes conscient que vous êtes accusé de viol ?
- Monchieur, ch’était pas vraiment du viol, elle était fringuée comme une poufiache. Moi che lui ai donné che que chon mec ne pouvait plus lui donner vu chon état.
- N’ajoutez pas le cynisme à l’horreur de votre acte.
- Du chynichme ? Ch’est quoi cha ?

(Le juge n’y tenant plus éclate d’un rire libérateur, il glousse et le public dans la salle lui emboîte le pas. Suivi par les avocats, les greffiers, les assistants, les forces de l’ordre et Didier devenu le roi du tribunal avec son fou. Et même Fredo sans doute par un effet de contagion rit aussi. Seuls l’homme et la femme, présents au premier banc, demeurent impassibles Sans doute comme l’avait suggéré Didier, ils n’avaient aucun humour.
Le juge prend son marteau et tente de ramener le calme, dans un dernier éclat de rire. Mais c’est peine perdue, alors il s’exprime assez fort avec des hocquets dans la voix)

- Che Chuchpends l’audienche juchqu’à demain matin !!!

(Ce fut l’explosion générale !)


              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...