Bloggu litterariu corsu

u 17 di Ghjugnu 2014 - scrittu dà - lettu 388 volte

Bertrand

La sonnette retentit, la femme au corps magnifique se dirigea vers la porte, un léger sourire aux lèvres.


Bertrand
Bertrand c’était un taciturne, le genre d’homme qui parlait peu, et dont on ne savait pas grand chose. Robert c’était une grande gueule, qui clamait haut et fort sa haine des étrangers, des dépravés et des politiciens. Les deux amis faisaient maintenant partie d’un groupe de vrais patriotes, avec qui ils pensaient mettre au pas cette société pourrie jusqu’à la moelle. Ils venaient d’assister à leur réunion du vendredi et avaient écouté le discours du leader. Bertrand avait bien compris le message : montrer aux ennemis du pays que la chasse purificatrice allait commencer.

Et tout commença, le lendemain, dans le bar du quartier, “Au petit diable”, quand vers 16 heures, deux jeunes hommes se sont installés à une table et ont commandé des cafés crème. Les quelques habitués du bar se sont tournés vers eux, les observant comme si il étaient sortis tout droit d’un bestiaire fantastique. Très vite, quelques remarques graveleuses fusèrent comme des banderilles.
- Tiens ils ont ouvert la cage aux folles !
- Qui fait la femme chez vous ?
- Je les vois bien se prendre comme des chiens.
Les rires gras ponctuaient chaque remarque. Les deux hommes à la table ne bronchaient pas. Le plus mince avec des traits très fins, presque féminins, tournait le dos au comptoir et continua à parler. L’autre plus costaud, l’écoutait tout en regardant, par dessus son épaule, les hommes au comptoir qui s’esclaffaient. Ses yeux allaient et venaient, on pouvait y déceler un mélange de colère mêlé à de la lassitude.
Robert, pour ne pas déroger à sa réputation, lança alors à son tour des insultes bien plus crasses et salaces que les autres. Le costaud lui jeta alors un regard furieux. Le patron sentant monter la tension, proposa sa tournée, chose rare, pour détendre l’atmosphère. Tout le monde présenta alors son verre pour le faire remplir. Rien n’était plus appréciable que de boire sur la tournée du patron. Les habitués reprirent alors leur conversation, ne se souciant plus de la présence des deux homos.
Sauf Bertrand qui les fixaient maintenant, sans rien dire, les lèvres pincées. Il finit son verre, le posa sur le zinc et se leva. Il s’avança vers la table et leur parla.
- On aime pas les types comme vous ici, dégagez vite.
- Ecoutez on ne fait rien de mal, on ne veut pas d’histoire, dit le jeune au visage fin.
- Ouais mais rien que votre présence me donne envie de gerber, alors levez vos deux culs de pédés et allez vous faire foutre ailleurs.
- On partira quand on voudra, coupa l'autre, en se levant.
- Et que comptes tu faire espèce d’enculé ?
- Te faire fermer ta gueule, répondit-il.
Le silence s’installa dans le bar. Personne n’avait jamais osé parler comme cela à Bertrand. On savait qu’il cognait fort. Le patron sortit rapidement de derrière son comptoir, s’approcha de la table et invita les deux jeunes à partir, leur offrant même les cafés. Mais personne n’eut le temps de bouger. Bertrand balança un coup de poing dans la figure de celui qui était assis. Le nez fit un bruit horrible en éclatant. Puis mit un coup de tête au costaud qui se retrouva à terre. Il s’acharna sur lui à coups de pied le laissant inconscient. Il retourna vers le premier, qui pleurait sur sa chaise, le prit par les cheveux, lui balança quelques gifles et le balança au sol sur son ami.
- Vas y ! suce-le maintenant, on veut voir comment vous faites.
- C’est bon Bertrand, intervint le patron, laisse les partir on va avoir des ennuis.
- Toi ta gueule ! Sinon je bousille ton troquet de merde, t’avais qu’à pas les accepter ici.
- J’ai pas le droit de refuser les clients, tu sais.
- C’est pas des clients ! C’est même pas des chiens. Et se penchant vers le jeune il ajouta, alors petite salope tu vas nous montrer combien tu aimes la queue de ta copine ! Sinon je le crève sous tes yeux.
Le jeune pleurait, les morves et les larmes se mêlaient au sang qui coulait du nez qui avait déjà doublé de volume. Il tourna vers son ami qui ne bougeait plus, lui défit le pantalon, baissa son caleçon.
- Pitié, laissez nous, on s’en va, on ne dira rien, dit-il.
- Suce, je te dis !
Derrière, les clients, sourire aux lèvres, s’étaient regroupés en demi cercle pour assister au spectacle. Personne ne voulait contrarier Bertrand. Même le patron s’était tu. Le jeune prit le sexe de son compagnon dans la main, approcha sa tête et s’arrêta. Bertrand s’agenouilla à ses côté, l’attrapa encore une fois par les cheveux et le plaqua sur le sexe. Le jeune le prit dans la bouche. Bertrand lui appuyait sur la nuque en riant. Enfin il le relâcha, et dit au patron de les foutre dehors. Il retourna au comptoir, prit la bouteille et se servit un autre verre.

Le soir, ils retrouvèrent les autres membres du groupe. Bertrand laissa le soin à Robert de raconter l’aventure de l’après midi; le passage à tabac des pédés et la scène de la pipe. Tous applaudirent et Bertrand sourit comme il ne l’avait jamais fait. Le reste de la soirée se partagea entre les discussions sur les ennemis et les tournées de bières. A la fin ils décidèrent de deux ou trois virées dans le quartier gay de la ville pour cogner les tafioles. Vers minuit ils se quittèrent. Bertrand rentra dans son petit deux pièces, il caressa son chat et s’endormit, gavé de bière et l’esprit embrouillé.

Le téléphone le réveilla vers 10 heures, c’était Robert, il allait arriver d’ici un quart d’heure pour boire le café. Bertrand alla aux WC. Son premier cri effraya le chat qui se cacha sous le canapé. Bertrand sortit en courant et se précipita dans la salle de bain. Le second cri, plus aigu, l’effraya lui même. Bertrand se tenait nu devant le miroir. Sa moustache avait disparu, ses yeux s’étaient agrandis et ses lèvres étaient plus pulpeuses. Ses cheveux avaient poussé en longues boucles brunes. Mais surtout, il possédait maintenant une magnifique paire de seins. Et, entre ses jambes, son pénis avait laissé la place à une toison qui dessinait un joli triangle noir.
Dans sa tête, une voix douce parla alors :
- Salut Bertrand, toi qui voulais savoir comment c’était avec un autre homme, tu vas être servi. Robert va arriver et il sera ravi de se taper une jolie petite garce comme toi et tu sais comment il est membré. Tu vas apprécier sa grande délicatesse.
La sonnette retentit, Bertrand dans son nouveau corps magnifique se dirigea vers la porte, un léger sourire aux lèvres.


              



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