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u 30 di Ghjenaghju 2013 - scrittu dà - lettu 364 volte

Baia


Baia
Le site est immense, un champ de pierre, de voûtes, d’escaliers dérobés, un labyrinthe de murs, un enchevêtrement de colonnes, des dômes de béton, la plupart effondrés, sauf un, qui défie l’inéluctable.
 
Je marche sur le chemin caillouteux, dans un vrombissement d’insectes, les semelles de mes sandales sont trop fines pour m’épargner l’irrégularité du sol. Je n’en ai que faire. Je suis presque seule. Les miens se sont égaillés, et il y a peu de visiteurs.
Cela me convient. J’ai besoin de cette solitude.
Je chasse une abeille insistante qui bourdonne autour de ma tête.
Des arbres se mêlent au décor, offrant leurs fruits à nos mains avides, en particulier des grenades prêtes à éclater, ou des figues bientôt mûres…
Mes doigts glissent discrètement sur un motif de marbre, caressant les contours d’une fleur érodée, et oubliée là par une quelconque divinité.
Je cherche l’ombre, je cherche le temps, je me colle à mur, je sens la vie qui est passée.
 
Un rire, l’éclat d’une toge blanche, des bruits de fontaines, de cascades, un esclave qui court pieds nus, deux hommes enlacés derrière un ensemble de statues…
 
Dans l’étuve, Tullia entendait le caquètement incessant de ses compagnes, mais son esprit s’évadait loin des commérages qui prenaient naissance dans les alcôves de l’Empire.
La veille encore, tout ce qui comptait de riches, de puissants s’était retrouvé dans la luxueuse villa de Pompeia, qui dominait Baia… Tullia ne s’était pas soustrait à cette quasi-obligation, et les excès de tout ordre de la veille meurtrissaient son corps. Alanguie sur le banc de pierre, elle tentait d’oublier les assauts de ce prêteur obèse, à qui elle avait fini par céder, alors que le vin lui faisait perdre toute volonté.
D’ailleurs, à bien y réfléchir, elle s’était offerte à d’autres que cette affreuse chose dégoulinante. Elle tenta d’en faire le compte. Elle abandonna, ne se souvenant plus exactement de ses faits et gestes, mais manifestement, elle en payait durement le prix.
 
La voix suraiguë de Calpurnia finit par atteindre son cerveau embrumé. Elle s’offusquait que l’assassin du Sénateur Publius soit toujours libre. Pourtant il n’y avait aucun doute sur son identité.
Caius Cassius avait l’opportunité, le mobile, la force, la volonté de le faire. Et bien sûr, il était introuvable.
Tullia leva la tête, le cœur au bord des lèvres. Caius… Son Caius. Le seul dont elle avait vraiment eu envie la veille, le seul qui ne pouvait se permettre d’être là… Toute la province de Neapolis s’était liguée contre lui. Dés le lendemain du meurtre, les pires horreurs avaient couru sur son compte, l’accusant sans appel. Depuis ce jour, elle ne l’avait plus vu.
« Il doit se cacher dans la propriété d’une de ses maîtresses », ne cessait de répéter la voix irritante.
Elle sentit le vent de l’accusation souffler sur sa tête. Elle pesta intérieurement, vouant aux gémonies cette terrible langue de serpent.
Cette Calpurnia se vautrait dans les bouges infâmes, en rejoignant les hordes de prostituées, afin de chercher des sensations qu’elle ne ressentait plus et de fuir la vieillesse qui la cueillait aussi sûrement que la main de l’esclave cueille le fruit de la vigne en septembre.
 
Tullia se releva, jeta un regard méprisant à ces matrones aux seins lourds, aux ventres gras, aux cheveux teints, aux joues fardées d’un rouge provoquant, plus vulgaires que la pire des putains venue d’un pays barbare, et qui osaient jouer aux Venus juvéniles.
Provocante, elle leur exposa son corps souple et svelte, sans artifice.
Elle se fraya un chemin vers la sortie, à travers les écharpes de vapeur qui envahissaient la pièce.
 
Je me faufile en courant presque dans ce dédale incroyable. Des escaliers dérobés, des tunnels dans lesquelles des restes de l’ingénieuse tuyauterie serpentaient encore, des étuves peut-être ? Un caldarium ? Ici il reste de l’eau… L’eau est présente partout. Ça sent le soufre parfois. Des sources chaudes aussi…
Nous sommes dans l’antre d’un super volcan. Je le sais pertinemment. Le sol ici, se soulève et s’abaisse régulièrement, en une respiration qui se compte en plusieurs centaines d’années.
Mais l’humanité s’y est installée. Et elle a construit ce lieu, digne des dieux, inconcevable pour notre esprit moderne.
Et j’erre, entendant les voix lointaines, les chants et les pleurs, les cris et les chuchotis, alors que mes mains se plaquent sur les pierres vibrantes.
Mes yeux s’égarent sur un reste de couleur, je devine la fresque d’une divinité nue, juste ceinte d’une étole gonflée par le vent et offrant ses seins voluptueux à la vue gourmande des hommes.
Quelques pas plus loin, de délicates ciselures ornent un plafond, un visage délicieux, un bas relief d’une finesse impalpable, qui dû réjouir le regard de ceux qui pouvaient accéder jusqu’ici.
Et là encore, une mosaïque, qui fut foulée par des pieds blasés, et qui aujourd’hui s’efface…
Je me réfugie sous terre, dans le noir, je fuis la lumière crue du présent. J’ai envie de sangloter. Je ne sais pourquoi.
 
Elle ne s’attarda guère dans les autres salles, elle voulait la solitude. Elle refusa les soins habituels et se réfugia dans les jardins, qui ponctuaient le complexe des thermes. On trouvait toujours un coin à l’écart, malgré la population qui se pressait ici.
Elle coupa négligemment une fleur de citronnier, s’en délecta quelques instants avant de la froisser entre ses longs doigts fins, exemptes de bagues imposantes. Seul, un anneau étrange, fait de volutes qui serpentaient ceignait son majeur gauche.
Elle le fit tourner pensivement, se rappelant le moment béni où son amant le lui avait négligemment offert, lui racontant qu’elle venait de fort loin, de l’île de Bretagne, au-delà du mur d’Hadrianus, bague façonnée par des Barbares hirsutes, mais il l’avait trouvée belle, et il s’en était emparé.
Elle ferma les yeux… « Caius, Caius, où est-tu ? Un mot, un seul mot de toi… Es-tu seulement encore en vie ? » 
Il servait la légion, il était tribun. Sa dernière campagne l’avait éloigné près de deux ans. Deux ans à tenter de pacifier cette île lointaine. Il en était revenu changé, plus mûr et plus beau encore.
Il était devenu son amant et elle trompait depuis allègrement son vieux mari Lucius Cornelius Balbus dont elle était la troisième épouse. Il ne lui accordait guère d’attention ayant d’autres inclinations, et d’ailleurs la présence de Cassius semblait plus l’émoustiller que le mettre en colère.
Tullia sourit presque. Elle appréciait Lucius. Il la laissait libre, elle ne se mêlait pas de ses affaires et inversement. Il lui arrivait même de le consoler quand un de ses amants ponctuels le faisait souffrir mille désespoirs.
Le malheureux voulait juste une descendance, ses précédentes épouses étant mortes, l’une en couche, l’autre d’une chute, sans qu’aucun enfant ne lui soit né. Il laissait Tullia profiter de la vie, se disant que son ventre serait bientôt plein d’un fruit quelconque qui ferait bien son affaire. Et si le père était Cassius, pourquoi pas ? Un bel homme, un bel enfant. Cela ne gâchait rien. Cet accord tacite leur convenait à tous deux et leur entente était bien moins pire que celle de la plupart des époux.
 
Je m’égare, je m’échappe.
Je fixe le Vésuve qui nous défie, une masse lointaine, une petite manifestation de l’immense puissance qui se trouve sous mes pieds.
Les Romains ont construit une vie faite de plaisir, ici. Pourtant, ils ne s’y trompaient pas, ce n’était pas le territoire des dieux de l’Olympe, mais bien celui de forces plus obscures, plus sombres, imprévisibles, venues du ventre de la Terre, de celle qui donnait la vie ou la mort… La magie qui sourdait des lacs, des sources, était palpable.
Ils avaient tenté de l’apprivoiser, la Sybille faisait son office non loin de là.
 
Elle s’était assise sous un grenadier. Elle voulait capter la sérénité de l’arbre, en faire sienne. Ses pensées s’échappaient vers Cassius. Ambitieux, il visait la légature.
Mais il voulait l’obtenir grâce à ses talents et non en se compromettant. Il se plaisait à dénoncer la corruption qui pourrissait l’âme de Rome.
Tullia le laissait avec ses chimères. Elle savait qu’il perdrait lui aussi son innocence, sa pureté, ses espoirs. Les hommes qu’il servait fidèlement l’ignoreront superbement, il sera blessé et finira par être comme tous, à faire son chemin, en éliminant ses ennemis, en se méfiant de ses amis et en ne respectant plus personne.
D’ailleurs n’était-ce pas arrivé ? Le Sénateur Publius avait été l’un de ses protecteurs pour ensuite se détourner de lui et offrir ses bienfaits à un autre jeune homme, incapable de tenir un glaive et de diriger une quelconque troupe. Cassius en avait conçu une amertume profonde.
Sur ce, Publius fut poignardé.
Elle ne se posait pas la question de sa culpabilité. Cela lui importait peu. Coupable ou pas, Caius restait Caius. Elle s’en fichait.
Et Marcus Publius était un porc qui méritait cent fois le glaive qui avait percé son ventre.
 
Elle offrit son corps au soleil, comme en sacrifice, en s’allongeant sur l’herbe fraîche, et écartant les bras.
 
Le dôme intact me fait face. On peut s’extasier indéfiniment sur exploits techniques, la beauté des bâtiments, la volonté de fer des romains, moi je sais que leurs ombres s’y promènent toujours, attendant Charon.
Et la piscine est encore là. D’ailleurs, les hommes d’aujourd’hui y ont mis quelques carpes, certaines sont énormes et presque blanches, nous sommes comme sous terre ici.
Des enfants leur jettent des bouts de pain en hurlant, car il y a aussi un écho remarquable. Cependant j’aurais voulu le silence et la solitude. Mais comment peuvent-ils le comprendre ?
Alors je fuis ce lieu pourtant magistral.
 
 
 
Encore un tunnel, et personne pour déranger mon étrange état d’esprit. Je m’y engouffre et m’y terre.
 
Alors que la chaleur printanière chauffait sa peau, elle entendit un sifflement bien connu.
C’était leur code.
Il était là, caché, se faufilant, invisible, profitant du labyrinthe de murs de brique pour échapper à toute vigilance.
Elle le traita de fou, d’insensé, d’inconscient, en frappant de ses petits poings fermés la poitrine du soldat qui la serrait malgré elle dans ses bras.
Il l’entraîna dans les profondeurs des thermes, des endroits que seuls des esclaves arpentaient, pour veiller à la bonne marche des choses et des couples à la recherche d’intimité pour assouvir des désirs soudains.
Il retroussa les tissus de sa tunique et il l’enfourcha presque brutalement alors qu’elle ouvrait ses cuisses sans résistance aucune. Il ne pouvait s’attarder longtemps, et cette crainte le faisait se montrer brusque. Tullia ne lui en voulait pas, elle retint ses cris alors que son corps s’arquait de plaisir, que ses jambes se contractaient. Elle avait cette sensation de vouloir s’ouvrir alors qu’il plongeait et replongeait dans son ventre avec désespoir.
 
Il savait que ce serait la dernière fois. Il devait partir aux confins de l’empire. Et il devait le lui annoncer, en ce jour de soleil, alors qu’elle était si belle dans l’herbe fraîche, et il devait lui dire qu’il ne la reverrait plus… Il avait été pris d’une frénésie, d’une fringale incoercible, d’une volonté de s’ancrer dans ce ventre fragile et si chaud, dans ce sexe ouvert dans lequel il voulait se perdre, et saisir cette bouche qui criait silencieusement.
 
Je m’assois sur le sol en terre battue, mon dos et ma tête appuyés contre les briques. Ça sent le salpêtre. Mes doigts effritent la glaise grasse qui tapisse le mur.
 
Je pleure pour de bon.

Baia
U locu hè mensu, un campu di petre, d’arcature, di scalunate piatte, un labirintu di muri, un ingarbuglime di culonne, di cuppule in astracu, guasgi tutte sfalate, fora d’una, chì sfida l’inivitavule.
 
Marchju nant’à u caminu petricosu, à mezzu à un fraiu di mignoculi, e sole di e mio sandule sò troppu fine per risparmià mi l’irrigularità di u terrenu. Chì mi pò fà. Sò guasgi sola. I mei sì sò spargugliati, è ci sò assai pocu visitori.
Mi cunvene. Aghju bisognu di sta sulitudina.
Mandu via à una apa insistente chì zinzinula intornu à u mio capu. Arburi si mischjanu à u dicoru, regalendu i so frutti à e nostre mane ingorde, in particulare malgrane pronte à schjattà, o fichi prestu maturi…
I mio diti sculiscianu cù riguardu nant’à un mutivu di marmaru, allisciendu i cuntorni d’un fiore rudita, è dimenticata culà da una qualunque divinità. Ricercu l’ombra, ricercu u tempu, m’appoghju à u muru, è sentu a vita chì hè scorsa.
 
Una risa, u raghju d’una toga bianca, rimori di funtane, di cascade, un schjavu chì corre à paletta, dui omi allacciati, daretu à un gruppu di statule…
 
Dentru a stufa, Tullia sentia u ciarlime spiantatu di e so cumpagne, ma a so mente si ne scappava luntana di i batalaghji chì nascianu dentru l’arochji di l’Imperu.
A vigilia, un altra volta, tuttu cio ch’ellu ci era di ricchi è di sgiò s’eranu adduniti in a lussuosa villa di Pompeia chì supranava Baia… Tullia ùn s’era scuntata à sta guasgi-ubligazione, è l’eccessi d’ogni sorte di a vigilia feriscia u so corpu. Dillazata nant’à u bancu di petra, pruvava di scurdàssi di l’assalti di stu pristatore panzutu à u quale, fatta fine, avia lintatu, mentre ch’e u vinu li face perde tutta a so vulintà.
Inoltre, à riflette ci bè, s’era offerta à d’altri ch’e à s’orrenda cosa buttighjendu. Pruvò di fà ne u contu. Abbandunò, ch’ùn si ricordava più esattamente di i so fatti è atti, ma da veru, ne pagava un bellu prezzu.
 
A voce passia di Calpurnià ghjunghjì fatta fine, à u so ciarbellu annebbiatu. S’uffuscava chì l’assassiniu di u Senatore Publius sia sempre liberu. Puru, ùn firmava nisun dubbitu nant’à a so identità. Caius Cassius avia avutu u passu, u mobile, a forza, a vuintà di fà lu. È di sicuru, era intruvevule.
Tullia pisò u capu, u core nant’à e so labbre. Caius… U sò Caius. U solu da u quale era da veru in brama a vigilia, u solu ch’ùn si pudia permette d’esse culà… A pruvincia sana sana di Neapolis s’era addunita contr’à ellu. Da u lindumane di l’uccidiu, voce orribile avianu corsu nant’à ellu, inculpendu lu di manera ferma è definitiva. Dapoi stu ghjornu, ùn l’avia più vistu.
« Soca si piatteria in u duminiu d’una di e so amante », dicia senza piantà quella voce inzergante.
Sentì u ventu di l’accusa fiscà nant’à a so testa. Sdiavulò à l’indrentu, strascinendu sta tarribile linguaccia à e gemunie. Quessa Calpurnia chì sì sprufundava in e tanapose infame, raghjunghjendu e manse di puttane da circà sensazione ch’ùn risentia più è fughje a vechjaia chì a cuglìa cusì sicura ch’e a manu di u schjavu coglia u fruttu di a vigna in settembre.
 
Tullia sì rialzò, lampò un sguardu di dispettu à ste matrone è i so petti pisii, e so manze grasse, i so capelli tinti, e so guancie abbillite d’un rossu pruvucante, più sputritaccie ch’e peghja puttana venuta d’un paese barbaru, è chì ardianu fà e Vennere ghjuvenile. Per sfidà, li sponì u so corpu agile è lestu senza artifiziu.
S’aprì un caminu versu a surtitu, fra e sciarpe di vapore chì invadiscianu a stanza.

 
M’infrugnu correndu guasgi dentru stu dedalu incredibile. Scalunate piatte, galleria dentru e quale vistichi di l’ingignosa tubulatura serpighjavanu torna, stufe podasse ? Un caldarium ? Custì, ferma acqua… L’acqua hè prisente dapertuttu. Sente u zolfu, à e volte. Surghjente calde dinù… Simu in a sàpara d’un vulcanone. A sò propiu. U terrenu, quì, sì summove è si cala regularmente, in un respiru chì si conta in centinaie d’anni.
Ma l’umanità si ci hè stabilita. È hà custruitu stu locu, degnu di i deii, incuncipibile per a nostra mente muderna.
È girandulu, sentendu voce luntane, canti è pienti, stridi è sussuri, mentre chì i mio mani si placcanu nant’à e petre trimente. I mio ochji si svianu nant’à un suppulu di culore, induvinu l’affrescu d’una divinità nuda, ghjustu cinta d’una stola gonfia da u ventu è rigalendu i so petti vuluttuosi à a vista gulosa di l’omi.
Qualchi passi più in là, dilicate scarillature adurnanu u suffittu, un visu diliziosu, un bassurilievu d’una finezza impaspevule, chì duvì rallegrà u sguardu di quelli chì pudianu ghjunghje fin’à quì.
È culà, torna, una musaica, chì fù sfragicata da pedi stufi, è chì oghje si sguassa…
M’imborgu sottu terra, in u bughju, fughju a luce cruda di u prisente. Mi vene in mente a brama di singhjuzzà. Ùn sò perchè.
 
Ella ùn s’attardò tantu in l’altre sale, bramava a sulitudina. Ricusò l’assesti abituali è s’imburgò in i giardini puntighjendu u cumplessu di i termi. C’era sempre un agnu ritiratu, malgratu a ghjente chì s’asffullava custì.
Tagliò à l’allera un fiore di limone, si ne cumpiacì qualche stonde nanzu di spigazzà la tra i so diti longhi è fini, privi d’anelli maestosi. Solu unu, straniu, fattu di spire sarpighjendu circundava u so ditu mezanu di manca.
U fece girà pinsosa, ramintendu si a stonda benedetta quandu u so amante u li avia rigalatu à quella via, cuntendu li ch’ellu venia d’assai luntanu, di l’isula di Brittania, aldilà di u muru d’Hadrianus, anellu fattu da Barbari incirliti, ma l’avia trovu bellu, è si n’era impatrunitu.
Chjodì l’ochji… « Caius, Caius, duve sì ? Una parola, una sola di tè… Sì sempre vivu, almenu ? »
Servia a legione, era tribunu. A so ultima campagna l’avia alluntanatu guasgi dui anni. Dui anni à pruvà di pacificà s’isula luntana. Ne era vultatu scambiatu, più maturu è ancu più bellu.
Era duvintatu u so amante è dapoi tandu, burlava cun piacè u so vechju maritu Lucius Cornelius Balbus da u quale era a terza sposa. Ùn si primurava tantu d’ella, avendu altri gusti, è pò inoltre, a presenza di Cassius paria stimulà lu di più ch’e inzergà lu.
Tullia surrise guasgi. Prezzava à Lucius. A lasciava libera, ùn s’inframettianu micca di i so affari, l’uni è l’altru. Li accadia ancu di cunsulà lu quandu unu di i so amanti puntuali li facia pate milli addisperi.
U corciu ùn aspettava ch’e una sterpa, chì e so pricidente spose eranu morte, una parturendu, l’altra caschendu, senza chì nisun zitellu ùn sia natu. Lasciava Tullia gode di a vita, dicendu si ch’e u so corpu seria prestu pienu d’un qualunque fruttu per assicurà a so sterpa. È s’e u babbu era Cassius, perchè micca ? Un bel’omu, un bellu zitellu. Ùn guastava nunda. Stu pattu tacitu cunvenia à tutti i dui, è a so casella era assai menu peghju ch’e quella di a maghjor’parte di i sposi.

 
Mi sviu, mi scappu.
Appinzu l’ochji à u Vesuvio chì ci sfida, ammasamentu luntanu, piccula manifestazione di a putenza maiò chì sì trova sott’à i mio pedi.
I Rumani anu custruitu una vita fatta di piacè, custì. Puru, ùn ci si sbagliavanu micca, ch’ùn era u tarritoriu di i dei di l’Olimpu, ma propiu quellu di forze più bughje, più scure, imprevidibile, ghjunte da u ventre di a Terra, di quella chì dava a vita o a morte… A magia chì sorghje da i lavi, da e surghjente, era palpevule.
Avianu pruvatu d’ammaestrà la ; a Sibilla adempiia u so uffiziu à qualchi passi di culà.
 
S’era calata sott’à un malgranu. Vulia coglie a serenità di l’arburu, fà la soia. E so pensate scappavanu versu Cassius. Ambiziosu, tendia à a legatura. Ma a vulia ottene per via di i so talenti, è micca cumprumettendu si. Si piacia à dinuncià a curruzzione chì  infracicava l’anima di Roma
Tullia u lasciava incù e so illusione. Sapia ch’ellu perderia, ellu dinù, a so nucenza, a so purezza, e so sperenze. L’omi ch’ellu servia lealmente ùn ferianu micca casu d’ellu, ne seria feritu, è fatta fine, diventeria cume tutti, à fà a so strada eliminendu i so nemichi, sfidendu si di i so amichi, è ùn rispettendu più à nimu.
Inoltre, ùn era accadutu ? U Senatore Publius era statu unu di i so prutittore, per dopu alluntanàssi d’ellu è offre i so  favori è un altru ghjuvanottu, incapace di tene un gladiu è di rege una qualunque truppa. Cassius ne avia risentitu un amarezza prufonda.
Tandu, Publius fù pugnalatu. Ella ùn si ponia a questione di a so culpevulezza. Pocu l’impremia. Culpevulu o micca, Caius firmava Caius. Si n’imppipia. È Marcus Publius era un porcu chì meritava centu volte u gladiu chì li avia trapanatu a civa.
 
Offrì u so corpu à u sole, cume in sacrifiziu, stendendu si in l’erba fresca, è allarghendu i bracci.

 
A cuppula intatta mi dà capu. Omu si pò estasià senza fine nant’à e prove tecniche, a bellezza di i bastimenti, a vulintà di farru di i rumani, eiu sò ch’e e so ombre si ci passighjanu sempre, aspettendu à Charon.
È u bagnatoghju hè sempre quì. D’altronde, l’omi d’oghje ci anu messu qualche carpe, certes ò tamante è guasgi bianche, chì simu cume sottu terra, quì.
Zitelli li lampanu pezzi di pane mughjendu, chì ci hè dinù un ribombu nutevule. Eppuru, averia bramatu u silenziu è a sulitudina. Ma cumu u ponu capì ? Tandu fughju stu locu puru magistrale.
 
Torna un tunellu, è nimu per scuncià u mio straniu estru. Mi ci inghjottu è mi ci sfrattu.
 
 
Mentre chì u caldu veranile riscaldava a so pelle, sentì un fischiu cunisciutu bè. Era u so codice.
Era ellu, custì, piattatu, infrugnendu si, invisibile, prufittendu di u labirintu di muri di mattone per sustràe si à tutte e vigilenze.
U trattò di scemu, d’insinsatu, d’incuscente, pichjendu di i so pugnucci chjosi u pettu di u suldatu chì a stringhjia malgratu ella, in i so bracci.
A trascinò  in u prufondu di i termi, lochi ch’e soli i schjavi pidighjavanu per piglià cura di l’andatura di e cose, è coppii à a cerca d’intimità per sbramà disei subbitanii. Suppisò i tissuti di a so tunica è l’acchjappò guasgi bruttalmente mentre ch’ella apria e so coscie senza resistenza alcuna. Ùn si pudia fermà longu, è sta teme u facia duvintà rozu. Tullia ùn li ne pentia micca, trattenò i so stridi mentre chì u so corpu si curvava di piacè, ch’e e so anche s’aggrunchjulianu. Tenia sta sinsazione di vulè apre si mentre ch’ellu ciumbava è riciumbava dentru u so ventre cun addisperu.
 
Sapia ch’ella seria l’ultima volta. Avia da parte à i cunfini di l’imperu. È li devia fà sapè in stu ghjornu di sole, allora ch’ella era cusì bella in l’erba fresca, è li devia dì ch’ùn a rivederia mai più… Era statu presu d’una frinisia, d’un bisestu incuercibile, d’una vulintà d’ancurà si dentru stu ventre fragile è cusì caldu, dentru stu sessu apertu in u quale si vulia perde, è chjappà sta bocca chì mughjava in silenziu.

 
Mi calò nant’à u terrenu di lastracu, u mio spinu è u mio capu appughjati nant’à u mattone. Sente u salmatu. I mio diti sbrisgiulanu l’anzirla grassa chì ricopre u muru.
 
Pienghju propiu da veru.

[Traduzzione fatta da Pedru-Felice Cuneo-Orlanducci]
Baia



              



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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...