Bloggu litterariu corsu

u 18 d'Aostu 2014 - scrittu dà - lettu 447 volte

Au revoir Maurice


Je n’ai fait la connaissance de Maurice Stencel que l’année dernière. Au détour de mes pérégrinations virtuelles et littéraires, j’étais tombé sur ses mots, qui dès l’abord m’avaient fait comprendre qu’il y avait là quelque chose de gros, de lourd, de beau. Il avait, comme il le disait lui-même, commencé à écrire à l’âge de 83 ans, à l’aube de ce qu’il appelait "sa quatrième vie".
Après ses mots, je m’empressais de faire sa connaissance par le biais de ce vaste conglomérat humain que l’on appelle Facebook. Ce fut une belle rencontre d’un homme fondamentalement bon et généreux, d’un inlassable conteur profondément humaniste, dont les écrits, aux tonalités sépia, évoquaient souvent la mélancolie de l’existence et les charmes de la vie. L’écriture de Maurice est toujours une plongée dans toute la complexité de l’être humain. On voyage avec lui, dans les tréfonds de l’âme, et le plaisir de l’écriture se propage alors dans l’esprit du lecteur.
Vraiment, Maurice était un homme bon, d’une vraie gentillesse, qui vivait sa passion pour l’écriture en toute simplicité, non sans humour, et sans jamais vraiment se prendre au sérieux, même lorsqu’il abordait des thèmes graves dans ses écrits, et paradoxalement profond jusque dans ses délires. Quelque part, bêtement, je me sentais intimidé par lui, car il m’impressionnait. Dès nos premiers échanges virtuels pourtant, tu m’avais demandé de te tutoyer, et je dois bien avouer que malgré toute ta décontraction et ta simplicité, ça ne m’était pas venu aussi naturellement que cela l’aurait dû. Je t’avais demandé la permission de publier tes textes sur Anima Cappiata, et tu m’avais alors donné carte blanche totale, y compris pour le choix des illustrations. J’espère ne pas avoir dénaturé tes textes par mes choix picturaux, mais ce qui est sûr, c’est que ce fut pour moi un honneur de te publier ici. Un honneur et une grande joie.
Mais au-delà de tes nouvelles qui nous ont tous enchantés, il y avait aussi ce roman, « Un Juif nommé Samuel Braunberger », édité en 2010 aux éditions « Chloé des Lys ». Tu m’en avais envoyé un exemplaire, dédicacé, par courrier, et le livre m’avait beaucoup plu – cela je te l’avais dit – mais je n’avais pas fait de vraie critique de ton ouvrage. Je m’étais promis de la faire un jour prochain, et je te jure que je le ferai. Je te dois bien ça.
Tu étais quelqu’un de bien Maurice, une belle plume, une profonde sensibilité, et puis surtout un grand cœur. Aujourd’hui, j’ai un peu honte de te le dire ainsi, dans un hommage un peu fadasse à mon goût, te dire que j’admire ton œuvre. Te dire aussi que je regrette beaucoup de ne pas t’avoir connu dans le monde "réel", de ne pas t’avoir rencontré, de n’avoir jamais pu croiser ton regard pétillant de vivacité et de malice que dissimulaient mal tes lunettes, de ne jamais t’avoir parlé de vive voix – il est vrai que la Corse et la Belgique ne sont pas géographiquement très proches l’une de l’autre – mais c’est toujours quand il est trop tard que l’on a des regrets.
Ce 13 août 2014, tu nous as quittés, d’un coup. J’ai vainement espéré avoir mal compris, je dois bien dire, car malgré ton âge, tu me semblais parfois si jeune, en fait. C’est difficile à dire, difficile à expliquer. Mais pour la première fois, tu m’as fait de la peine. Avec toi, nous perdons bien davantage qu’un contributeur de plume. J’ignore qui je suis pour me permettre de te parler ainsi, j’ignore même si j’ai vraiment la légitimité nécessaire pour te rendre cet hommage – que peut être tu aurais détesté, car tu n’aimais guère les "mondanités" – mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’aurait pas été convenable pour moi de ne pas t’écrire ces mots.
Aujourd’hui, je pense surtout à ta famille, à qui je présente, une nouvelle fois mes condoléances au nom du site Anima Cappiata, et en mon nom propre, et je te dis à très bientôt.
 
Au revoir Maurice, et merci.
Au revoir Maurice


              



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