Bloggu litterariu corsu

u 20 d'Aprile 2014 - scrittu dà - lettu 276 volte

Amour explosé


Amour explosé
Des rues désertes où règnent gravats et fumées noires
Traversées par le silence des absents, des morts
Forêts fumantes, carcasses calcinées, couleurs absentes
Effondrement en ce cratère immense
L’eau sombre surgissant du fond en attire le ciel
Au dessus ne survivent que des insectes fous
Une voix caverneuse fait trembler la planète
Humains, disparaissez misérables salauds
 
Lui
 
Braise dans le tonneau, les cotes plates sont cuites, il plante son couteau dans la chair au centre.
Un trappeur, voilà ce qu’il est, pas de monocle ou de presse papier ; un bon couteau, des récipients, du bois…
Et sa baraque en planches, son refuge… Plus de "parle ment" ni d’escronomistes en ce monde.
Aujourd’hui le vent souffle à l’horizontal et l’air est teinté d’un mauvais mauve, pas la peine de chasser le rat anorexique ou de prospecter la flore, c’est par ces temps qu’on entend des voix, ça doit correspondre à la radioactivité, comme cette voix nasillarde d’une femme des années 50 :
 - Il a l’air d’un bourgeois cossu ! D’ailleurs n’est-il pas déjà venu avec l’automobile de sa mère ?
 - Ferm’la, va sucer des cactus au delà du tronc, vieille taupe !
Ou cet homme au chômage à qui sa femme a trouvé un emploi auquel il ne se rend pas dès le premier jour, répondant ceci au chef de service lui téléphonant :
 - Non ! Je ne veux pas trafailler, sinon je ne pourrai plus foir "Aujourd’hui madame !".
 
Il voit parfois des apparitions, comme un vieux président réélu d’un pays du Maghreb, en fauteuil roulant, "Dragé Fuka", croit-il, ça le fait chier.
Il a anticipé lui, des filtres à eau, des armes, un endroit d’où il voit venir…
Et ce quad, inespéré, de la viande et un véhicule avec deux jerricans de 30 litres, inespéré.
Il s’emploie à nettoyer ses dents avec des plantes.
Oui, parfois il s’emmerde autant qu’il est un roi du monde, le type qui est passé par ici hier, ses cotes sont cuites maintenant, que c’est bon la viande, il bouffe les yeux grands ouverts tellement c’est bon, surtout le gras fondu.
 - Dire qu’il y avait des végétariens de merde (pense t-il), ils ont tous crevé là ! Et tous ces connards qui admiraient les people, bites de choux !
Hier, l’homme en quad est passé par chez lui, il n’avait vu personne depuis des années. Il l’a transpercé d’une flèche propulsée par son arbalète, dans le cou, la viande attendra, il monte sur le quad et accélère… Sensation retrouvée, mécanique et vitesse, il en bande sévère, il déboule, fonce comme un bourdon halluciné, slalome entre les rochers aussi aisément qu’on enfilerait des tranches d’aubergines.
 
Le lendemain, il laisse les cotes propres comme des cols de vérificateurs des douanes.
 - Des fois tu vois, j’aimerais voir un film de merde où des crétins traquent des ouragans !
Dit-il à sa poupée robot, trois trous vibrants, c’est beau le sexe à la demande.
 
Elle
 
Le hasard, la conjoncture, la force de caractère, l’abnégation, l’instinct, l’anticipation ; et la voilà, guerrière ultime.
Pourtant elle n’était qu’une déclassée, une homéopathe sexuelle, une pute.
Elle roule sur ses terres à lui, la végétation est basse et clairsemée comme la pelade de mederic, zone non irradiée donc.
Sa voiture blindée est sa garantie, sa sécurité, son passeport pour l’exploration ; elle roule à l’énergie solaire et peut atteindre 350 k/h, pneus increvables, puissante, libre…
Dans un bunker au cœur de la ville elle a de quoi manger et boire pendant 5 ans, elle cherche un compagnon, marre d’être seule, besoin d’éprouver…
Elle a déjà tué quelques dégénérés, de pauvres erres affamés et irradiés, son passe temps favori est la lecture, un bon millier d’ouvrages dans son antre, mais venu un moment, être à la page l’enrage.
Elle arrive dans une grande plaine, descend de son véhicule couleur parme, voit de la fumée s’élever au-dessus d’une petite colline…
 
La rencontre
 
Il la voit avec ses jumelles, elle est belle et stylée dans sa robe moulante, agile malgré ses talons aiguille, élancée avec de belles formes, avec cette manière si féminine de projeter sa chevelure vers l’arrière…
Elle sait qu’elle est observée et en joue, entièrement dédiée à la séduction, au cas où.
 
Lui pense :
Je recroqueville mes alpages au pré vert gris
Viens ma cerise, le bonheur est dans mon pré, puce
Notre histoire sera symphonique aux Walkyries
Cristallisée aux cordées d’un stradivarius
Notre couche tissée aux crins des chevaux gris
J’ai envie de toi, brule la paille sur l’humus
 
Elle pense :
J’espère qu’il est grand et fort, intéressant et avec de l’humour, qu’il va me baiser dans tous les sens, sauvagement, que nous serons unis jusqu’à la fin…
 
En ces lieux il y avait des champs de coton, de la sueur salée amère a fertilisé cette terre, tout passe… Les chants majestueux de ces humbles inventeurs des blues notes, le blues partie intégrante du jazz, ces rythmes crées dans la douleur, le désespoir sans issue ; résonnent-ils encore ces chants ? Plus tard, des rappeurs black bafouaient ces valeurs au profit d’une place dans le système : vénération du fric facile, des femmes objets, de la drogue, de la vulgarité, de la violence gratuite, et des textes indigents… Des idiots utiles, agents au service de l’impérialisme, voila, le tour était joué, l’ordre des choses bien évidant, des nègres pas évolués, violents, bêtes… Ces idiots utiles trahissant la mémoire de leurs nobles ancêtres, condamnant leurs frères à se maintenir dans la misère et la suspicion, leurs ancêtres avaient apporté à la culture universelle un segment d’art majeur tout droit sorti de leurs âmes.
Peu importe, aujourd’hui tout cela est oublié, balayé depuis bien longtemps, la culture est au ventre vide ce que la livre de sel est à l’assoiffé.
 
Elle le voit au loin, cette silhouette l’inspire ; pourquoi pas une cuisine, un jour, avec un rayon de soleil éclaircissant de l’huile d’olive sur une table en bois près d’une corbeille de fruits et de légumes, le jour où il y aura des orchidophiles c’est que ça ira mieux, forcément.
Elle monte dans sa voiture et se dirige vers lui, c’est le déclic, ils se regardent fixement, d’emblée, la confiance est mutuelle. Elle remonte sa robe sur ses longues jambes galbées puis au-dessus de ses fesses rebondies, pose ses mains sur le capot :
 - Prends-moi !
Raide, ça lime en contact serré et humide, ça diffuse un putain de plaisir, ils ne voudraient plus que ça jusqu’à la faim, puis recommencer.
 
Comme des chauffe-eaux fluo s’allumant dans la banquise, comme une rage de dent s’arrêtant sous un rayon de lune, comme un âne blessé se relevant et marchant de nouveau, avec, en prime, les terminaisons nerveuses génitales permanentées au velours côtelé, dont le cerveau…
Ils s’aiment et s’organisent, la poupée robot brule sans qu’il verse une larme, elle l’emmène dans sa caverne d’Ali Baba, ils en ramènent des graines de fruits et de légumes qu’ils plantent, des armes, des livres, de la nourriture – leur monde ils vont le créer et le protéger – ils prient, il faut oraison garder.
Pendant qu’il prépare une soupe elle lui fait la critique de la littérature américaine, c’est si passionnant que ça lui fait oublier qu’il n’a plus vu de films depuis si longtemps, ça rebooste son imaginaire…
Ils repenseront à leurs anciens soucis aux calendes grecques, terminée la douce odeur humide du pain chaud sans pouvoir en manger.
 
Leur vie de couple est harmonieuse, ils reviennent de si loin, les affrontements stériles et destructeurs c’est le passé de l’humanité, tous les espoirs leurs sont permis et ils partent sur des bases intelligentes.
Un jour elle se sait enceinte, ils en rient de bonheur. Il fabrique un petit lit en bois, rabote avec une lueur dans les yeux pas éloignée de celle qu’avait Jésus en effectuant les mêmes gestes.
Ils partent en excursion, des armes, de l’eau, de la nourriture et une tente.
Rouler seuls dans l’immensité leur procure une grande griserie et des possibilités infinies. Ils arrivent au bord de l’océan, un soleil blanc y scintille, des mouettes virevoltent dans un ciel pastel. L’air iodé rafraîchit jusqu’aux tréfonds de leurs âmes, le doux soleil les détend tel un massage céleste. Au loin des triangles verts presque parfaits, trop…
 
Ils s’approchent, des arbres taillés en triangle, faut être sacrément tordu pour faire tailler des arbres en triangle par les temps qui courent.
Elle
 - Je descends, je veux me rouler dans le gazon !
Merde, c’est du plastique !
 
Elle se relève, sa tête éclate en morceaux, son corps ectoplasmique reste debout une poignée de secondes qui paraissent une éternité, puis s’effondre.
Le cri déchirant qu’il pousse doit terrifier un petit con, fils à papa, qui a fait un carton sur elle avec une balle explosive dernière génération.
Il va prendre son corps, le met dans la voiture, fonce dans l’océan…



              



Dà leghje dinù

Heure H comme Haine - 10/10/2017

Haro sur la miss - 22/09/2017

Panique - 05/04/2017

Cœur de pierre - 12/03/2017

L'esprit des lois - 02/08/2016

Gordon Evans - 20/06/2016

Triptyque - 26/05/2016

Alice - 31/03/2016

Alep I love you - 18/09/2015

Je l'ai connu - 29/05/2015

Ponte Novu - 15/05/2015

1981 - 18/03/2015

Section 84 - 10/12/2014

​Armistice - 14/11/2014

Le passant - 25/10/2014

Ponte Novu - 17/10/2014

Le demi-pas - 23/09/2014

Mada et Veè - 05/09/2014

Neptudi - 24/07/2014

Commis d'office - 21/06/2014

Ultime étreinte - 16/06/2014

La Fée verte - 14/06/2014

Le sniper - 26/05/2014

La mort de mon père - 02/04/2014

Ursule Dupont - 01/04/2014

1 2 3

Negru | Rossu | Biancu | Ghjallu | Critica | Feuilleton




Anima Cappiata !

Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...