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u 18 di Farraghju 2014 - scrittu dà - lettu 133 volte

Amers indiens


Comment expliquer cela ? Certaines personnes ont des faciès d’animaux, reptiliens parfois, il faut distinguer les couleuvres des vipères…
Si j’étais une composante de la lumière, je veillerais particulièrement sur ces hommes et ces femmes, ces justes qui hantent l’histoire qui va suivre – je réchaufferais leurs cœurs pour l’éternité…
 
Nootau, descendant des premiers habitants d’Amérique du sud, médite dans sa macabre cellule.
Les esprits sont venus maintes fois lui faire vivre les joies et les horreurs vécues par ses ancêtres, ce peuple parmi les plus dignes…
Amers indiens

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Voici une parcelle de leur histoire…
La Terre était leur mère…
Selon leur sensibilité, tout ce qui est dans la nature, vivant ou non, est un lien sacré de la vie. Chacun à sa manière remplit sa mission. L’homme n’a pas tissé la toile de la terre : il en est le fil.
Leur organisation est remarquable, leur humanité exemplaire. La végétation exhale sa plénitude olfactive, il sourit en voyant sa femme et ses enfants sautiller au beau milieu des herbes hautes et des fleurs aux couleurs vives. Il a fait avec sa femme un mariage d’amour, pas de calcul, pas de notion d’intérêt.
Aujourd’hui c’est le repos du brave, il a ramené quantité de poissons et de viande, sa famille peut vivre sereinement pendant plusieurs lunes.
L’eau de source est claire, la viande et les poissons sont gorgés d’énergie vitale, les fruits des arbres sont acidulés et sucrés, le gibier est là en abondance…
Le dernier de ses quatre enfants a maintenant un printemps, il gazouille comme un oisillon repu. Ils captent l’énergie des éléments et en deviennent plus vaillants – vent – soleil – eau – nuit – odeurs – animaux – feu – esprits…
Le chaman annonce qu’une cérémonie aura lieu dès la disparition du jour pour remercier les esprits, la pluie, le soleil, pour les bonnes récoltes. De plus, il faut célébrer le retour du petit homme, après ses quatre jours de jeun dans la forêt il a enfin eu la vision qui guidera le reste de sa vie…
Dans leur grand logis rond, symbole de l’énergie du monde, fait de bois tressé et d’écorces, ils se préparent pour le banquet et la cérémonie du soir; peintures, bijoux, masques…
Un grand feu crépite sur la place principale ; après le banquet composé de viande, de poisson, de maïs et de fruits, les danses ancestrales et mystiques commencent...
Plus tard, dans leur habitation, bercés par les ondulations aléatoires des ombres et des lumières issues du feu, ils font l’amour, heureux…
 
Quelques imposants galions, construits avec du bois des Philippines, ont jeté l’ancre dans la féerique crique non loin de là.
À l’aube, le village se réveille, lui va aider son épouse dans les tâches réservées plus particulièrement aux femmes – couper du bois – planter et cueillir – cuisiner…
La stupéfaction fige l’instant, des silhouettes d’hommes venus du ciel apparaissent – des armures – des casques – des armes – les fils barbus du vent et du soleil, pensent-ils…
Les hommes approchent, spontanément, les "natifs" ont des marques de respect envers les visiteurs, on leur propose nourriture et bijoux… Un interprète est là pour faciliter les échanges.
 
Très vite, les demandes tournent autour de l’or et des pierres précieuses – pas même la curiosité de connaitre le mode de vie des autochtones, non – l’avidité, le profit, choses que leurs hôtes ne connaissent pas – où sont les gisements – quelles tribus en possèdent…
Le chaman leur explique qu’ils possèdent peu d’or mais qu’il est sacré, qu’ils enduisent le corps de leurs morts de poudre d’or avant de les plonger au fond d’un lac, ils s’en servent aussi pour la confection de bijoux d’ornement pour les cérémonies sacrées…
D’autres "civilisés" arrivent et se tiennent en retrait avec des chiens inquiétants, des spectres, les natifs n’en ont jamais vu de pareils, une crainte instinctive se diffuse…
Les conquistadors commencent à ricaner, à peloter les femmes, les Amérindiens ne comprennent pas, ils ont certes l’estomac qui se noue, mais sans y voir encore ce qu’ils ne soupçonnaient pas le moins du monde, l’empreinte du "malin".
Lui est là avec sa femme et son dernier né – tout bascule dans une horreur indicible, qui, à y penser, fait bourdonner les tempes et bloque la respiration – un grand gaillard enlève son casque, arrache le bébé à son épouse, le prend par les pieds et le frappe contre un rocher, puis le balance par dessus l’épaule en criant que les chiens ont faim – lui pousse un hurlement de loup – sa femme est transpercée par une flèche d’arbalète – le chaman a la tête fendue en deux par une lourde épée…

OOO

Nootau a tenu à assurer seul sa défense. À la barre, fier et droit il poursuit :
 - Ils ont tous été massacrés, ceux qui ne l’ont pas été de suite ont été marqués au fer rouge, certains ont servi de "réserve" pour nourrir les chiens, les autres sont morts en creusant dans des mines, sans eau, sans nourriture…
Le procureur lui coupe la parole :
 - Vous n’êtes pas un patriote, au nom de notre grande démocratie, j’attire l’attention de l’assistance, ce genre de bêtes féroces doivent être neutralisées !
 - Vous êtes dans l’état d’esprit de Montesquieu, ce grand penseur qui disait qu’un peuple non assoiffé d’or, de propriétés terriennes, était incompatibles avec les "grands esprits" de l’époque ! Vous avez exterminé 90% d’un peuple, vous avez parqué les survivants, aujourd’hui encore votre mépris est intact ! Oui j’ai scalpé ce salopard !
 - Regardez la victime, Brian… Ce brillant sénateur de 25 ans, fils de notre respecté gouverneur… Scalpé pour avoir fait l’amour à votre femme… Le médecin légiste a démontré que l’arrêt cardiaque ayant entraîné la mort de votre épouse n’est nullement lié à l’acte ! Le fait même que Brian, grand séducteur, ait choisi de l’honorer prouve que non seulement il n’est pas raciste, mais mieux, il est charitable ! Mais vous, en authentique sauvage, avez pratiqué un de vos rituels barbares ! Il portera une perruque à vie ! Vous m’entendez ? À VIE !!!
 - Je suis du côté des sauvages donc, et vous du côté des civilisés ! Je ne serai jamais du votre, vous avez volé nos terres, exterminé mon peuple, vous avez fait ça pour de mauvaises raisons et vous continuez aujourd’hui dans plusieurs parties du monde ; je demande la peine de mort, pour rejoindre les miens, pour quitter votre pourriture "civilisée", le jour viendra où vous devrez rendre des comptes…
 
Nootau sera exécuté par injection létale, au nom de la liberté d’expression, un an après son procès…

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Il s’agit là du plus grand génocide connu…
Arthur Barlowe (1584) décrivit par ces mots les Indiens d’Amérique :
« Les gens que nous y avons trouvés sont pleins de tendre affection et fidélité, dénués de toute ruse et trahison, comme s’ils vivaient à la manière de l’Âge d’Or…, il n’y a personne de plus bienveillant et affectueux dans le monde. »
Christophe Colomb :
« Les Indiens sont, à la vérité, gens de cœur excellent, ignorant la cupidité, plein de douceur ; aussi, puis-je assurer à Vos Altesses qu’il n’est au monde ni meilleurs hommes, ni meilleur pays. Ils aiment leur prochain comme eux-mêmes. Ils ont une façon de parler toujours souriante, la plus douce, la plus affable qui se puisse imaginer. Hommes et femmes, à la vérité, vont nus comme au jour de leur naissance, mais Vos Altesses peuvent croire cependant qu’ils ont des mœurs fort pures. Ils servent avec un grand respect leur roi qui, du reste, est aussi continent que digne en tous points. Ils ont, du reste, une très heureuse mémoire et une grande curiosité d’esprit, qui les portent à questionner beaucoup sur toutes choses. »


              



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