Bloggu litterariu corsu

u 18 di Farraghju 2013 - scrittu dà - lettu 187 volte

À ciel ouvert


À ciel ouvert
De plus haut, les vents lugubres déchirent les destins. Des fragments de ciel tombent toujours sur terre comme des écailles sèches , laissant filtrer,  par les vides créés, de puissants rayons noirs.
Les écailles tranchent et lacèrent tous les monceaux accumulés. Rabotant égos et cathédrales. De la fumée au goût de soufre remonte du noyau terrestre, bouchant les horizons. 
Le ciel cristallisé est une matière noble et révélatrice, les notions et les outils sont nécessaires pour le refaçonner.
Comme il est en mouvement perpétuel, les fragments que je récolte viennent de tous les cieux; des savanes fourmillantes aux calottes   polaires, du vieux passé au passé  présent.  
Dans mon bunker, sous la maison, j'en tapisse l'espace,  reconstituant un ciel  à l' instinct. De ma grotte souterraine je dors parfois sous les étoiles, mais là, je puise dans sa mémoire, façonnant un puzzle à la chronologie aléatoire.
Je mélange mes fluides à la parcelle, faisant se matérialiser une déesse, un ange de beauté et de douceur, c'était avant sa lapidation.  J'ai pu désinscrire  à jamais le miroir ayant réfléchi son massacre, il sera gris et rien d'autre, et arrosera les roses du désert. Justice est rendue à cette innocente qui n'avait rien demandé, nous peignons  ensemble des azurs plus dorés.
D'une autre fenêtre céleste affleurent des arbres aux fruits gorgés de soleil, nous posant au bord d'une rivière on s'en régale en riant. Le ciel vert opaline ne s'y reflétant pas, l'eau n'est que transparence, deux truites bleutées sautent dans une poêle sur trépied, laissée par des trappeurs. 
La chair délicate devenue blanche se détache et fond sur la langue.
Je ne rétablis plus les ciel, pour l'heure, on se laisse flotter avec la vie . Dans ce petit chalet on restera sans compter. Le quinzième soir, un croissant de lune brillant comme du miel est à porté de main, cette fois il se reflète dans la rivière où les roches lisses deviennent incandescentes.  Dans ses yeux je comprends qu'on aura un enfant, il nous emmènera  au delà de tout.
Un jour,  les rayons noirs disparaîtront à jamais, il drainent tant d'âmes, raclant les parois  de tunnels humides, épuisées de douleurs et d'injustices. Pour l'instant ils font sombrer les collines dansantes et se perdre les rivières, creusant des abîmes qui ensevelissent le présent dans un passé cruel, occultant la clé de voûte de l'avenir.
On a appris à distribuer le ciel comme on donne les cartes, remettant de la couleur jusqu'à l'hombre des croix.
Une petite fille me dit qu'elle ne veut plus avoir peur : - N'aies pas peur! Lui dis-je.
J'envoies des bribes de ciel, créant une plaine ondulée et fertile où elle retrouvera ses parents.
À un homme ayant vécu trop d'années sur le béton rugueux, sans que personne ne prononce jamais
 son nom, je redonne l'éclat initial à ses yeux, puis le sourire, et des amis qui l'attendent. De plusieurs strates que je superpose jaillissent des mers chaudes et poissonneuses,  les rivières ondulantes retrouvent leurs lits.
Plus personne ne remplira des boyaux de sciure, ces guirlandes macabres à la table des besogneux. De carafes empilées naissent des pyramides, en plein cœur du désert, la fontaine de jus de fruits frais étanche les soifs jusqu'au sable orangé.
Les ciels de misères ceux des sales guerres, des propres, des charniers, des enfants qui ont vu leurs parents humiliés, sont enfouis dans l'oubli, il n'en sortira plus que l'énergie pour éclairer les astres.
C'est ainsi que se reforme un ciel nouveau, lavé de ses pires souvenirs, où les bleus de l'âme se diluent vers le haut; où en bas, la main que l'on tend est désintéressée, et où celui qui n'avait rien accède à l'essentiel.
Notre enfant a grandi, il s'est fabriqué un univers à lui, un grand lac, une montagne dominante enneigée au sommet, une maison sur l'eau, une prairie fleurie, de grosses meules de foin, du coton, des troupeaux, des indiens, un amas de taules avec de vieux bidons rouillés, deux  pompes à essence américaines des années 50, et des boules d'herbes séchées,  poussées par le vent comme dans les western.
Nous, on a choisi notre âge, on ne vieillira plus. Notre éden est en Corse, sa beauté brutale, sa féerie symphonique, son eau, réceptacle d'un ciel vivant, la regarder nous renvoie notre image telle qu'on la rêvait.
Dans les yeux se reflète l'azur, dans les cœurs soufflent des vents de liberté, même l'objet le plus insignifiant a un très bel éclat.
Ce monde est neuf, les fumées blanches n'élisent plus les papes, les bibliothèques sont à ciel ouvert. 
Il nous appartient de tout réécrire.
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Torna altri rumpistacchi chì ci impuzzicanu incù i so testi, vulendu propiu esse letti per sperà ottene una qualunque gloria ch'elli ùn anu micca in a so vita viota è senza intaressu. Bon... forze chì ghje vera. Ma ci n'impippimu. È pò, a mi diciarete, bloghi litterarii, nant'à a tela, è sopra tuttu nant'à a tela corsa, ci n'hè ghjà à buzzeffa ! Tanti scrivanetti pumposi ! È bè tantu peghju ! O tantu megliu ! Hè solu una vitrina di più per fà scopre qualchi testi scritti, senza pritenzione, incù u core, incù e trippe, o incù e viscere chì vi cunveneranu...